Carnet de guerre d'un Ardennais

Georges Petit était maréchal des logis pendant la première guerre mondiale. Il a tenu son carnet de guerre. En voici l'intégralité commentée par Joëlle PAUTEVIN.

04 janvier 2009

Introduction au Carnet 2 "1915. Carnet de route"

Maréchal des logis fourrier (41ème artie lourde 8ème groupe 33ème Bie) nommé le 1er novembre 1915 maréchal des logis chef (85ème artie lourde 2ème groupe 3ème Bie)

Ce carnet couvre la période du 27 février 1915 au 22 janvier 1917. Monsieur PETIT décrit les étapes de ses déplacements : Châlons – Mourmelon – Verdun – Châlons à nouveau – Région d’Epernay – Suippes – Dormans – Reims – Verdun – Mailly – et pour finir la Somme.
Il est souvent question du temps, froid, humide, de la neige, de la chaleur excessive. Ces conditions météorologiques ont d’énormes répercussions sur les combats, et sur le quotidien des soldats ; combien de fois écrit-il « on embourbe », la boue est omniprésente rendant difficile les déplacements. Sa peur, il ne la dit pas franchement, mais on sent qu’il est passé bien des fois à côté de la mort. Les déplacements se font souvent de nuit pour éviter d’être repérés par l’ennemi. Toujours très présent dans ce carnet aussi, le manque d’informations quant à la destination de son régiment. Il parle de ses permissions, parfois refusées à la dernière minute, il doit invoquer la maladie de son épouse ; pour la naissance de Madeleine, on lui accorde, « quelle bienveillance ! », deux jours de permission.

Il évoque aussi les lieux de bataille et les carnages. Ainsi souligne-t-il spectacle inoubliable, en décrivant ce qu’il voit au lever du jour après une nuit de bataille. Ce soulignement en dit long sur ce qu’il a vécu : des trois carnets, ce sont les seuls mots soulignés, en dehors des dates.

Pendant les périodes plus calmes, il se hasarde à décrire le paysage et rêve d’y emmener femme et enfants.
Il y a aussi de longs moments pendant lesquels il n’écrit pas, ainsi entre le 19 mars et le 22 mai 1916 : c’est une période de combats intenses, Verdun, l’Argonne, la Woëvre « le temps passe et on est toujours en position », « les obus tombent partout ». On peut comprendre ces silences : le danger, les obus, les ravitaillements difficiles sont le quotidien. Et surtout le découragement s’installe après les offensives : « la canonnade fait rage du matin au soir, mais pas de résultats appréciables. C’est bien dur. »

Posté par Jopo à 14:13 - Présentation générale des carnets - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=551897&pid=12000383

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :