<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Carnet de guerre d&apos;un Ardennais</title><link>http://carnetdeguerre.canalblog.com/</link><description>Georges Petit &#xe9;tait mar&#xe9;chal des logis pendant la premi&#xe8;re guerre mondiale. Il a tenu son carnet de guerre. En voici l&apos;int&#xe9;gralit&#xe9; comment&#xe9;e par Jo&#xeb;lle PAUTEVIN.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sat, 14 Nov 2009 12:17:53 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>La Grande Guerre &#xe0; partir des carnets de Monsieur Georges PETIT</title><dc:creator>Jopo</dc:creator><link>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/07/11863656.html</link><category>Pr&#xe9;sentation g&#xe9;n&#xe9;rale des carnets</category><comments>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/07/11863656.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://carnetdeguerre.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11863656/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/07/11863656.html</guid><description>&lt;p&gt;Ces textes ont &#xe9;t&#xe9; transcrits et comment&#xe9;s par Jo&#xeb;lle PAUTEVIN.&lt;br /&gt;Merci de la pr&#xe9;venir pour tout usage que vous souhaiteriez en faire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;1914 -1918 : La Grande Guerre &#xe0; partir des carnets de Monsieur Georges PETIT (n&#xe9; le 21 janvier 1884 &#xe0; Renwez (08), d&#xe9;c&#xe9;d&#xe9; le 29 juillet 1976) et du t&#xe9;moignage de ses filles &#xe9;tay&#xe9;s par des documents de l’&#xe9;poque.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Mesdemoiselles Suzanne et Madeleine PETIT m’ont confi&#xe9;, il y a peu, les carnets que leur p&#xe8;re, Georges PETIT, avait &#xe9;crits pendant la Grande Guerre 1914-1918. Ils &#xe9;taient bien rang&#xe9;s dans un tiroir du bureau, depuis des ann&#xe9;es. Leur p&#xe8;re les relisait parfois par nostalgie de sa jeunesse peut-&#xea;tre, ou plus s&#xfb;rement parce qu’il lui revenait en m&#xe9;moire des souvenirs bien traumatisants de cet horrible conflit. A ces carnets, j’ai incorpor&#xe9; des souvenirs de Suzanne, n&#xe9;e en 1912.&lt;br /&gt;Monsieur Georges PETIT est n&#xe9; le 21 janvier 1884 &#xe0; Renwez (08), d&#xe9;c&#xe9;d&#xe9; le 29 juillet 1976. Sa belle- soeur, Marie THIERY n&#xe9;e BADRE, &#xe9;tait aussi originaire de Renwez. Elle appartenait &#xe0; ces familles qui ont fait vivre le village au 19&#xe8;me si&#xe8;cle : Monsieur THIERY &#xe9;tait brasseur, et Monsieur BADRE briquetier. &lt;br /&gt;Monsieur PETIT a travaill&#xe9; d&#xe8;s 18 ans aux Contributions Indirectes, comme son p&#xe8;re d’ailleurs. Sa premi&#xe8;re affectation en tant que contr&#xf4;leur l’a conduit &#xe0; Rethel, puis au fil des promotions, en banlieue parisienne. Il termina sa carri&#xe8;re &#xe0; Charleville comme inspecteur principal.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;La lecture de ses carnets r&#xe9;v&#xe8;le une tr&#xe8;s grande rigueur dans la description d’une errance qui a dur&#xe9; 1561 jours (c’est lui qui les a compt&#xe9;s). Ses filles m’ont appris qu’il se sentait une vocation d’employ&#xe9; des Chemins de Fer : c’est s&#xfb;rement pourquoi les horaires et les directions des trains qu’il a pris sont indiqu&#xe9;s avec autant de pr&#xe9;cisions.&lt;br /&gt;Ils ont &#xe9;t&#xe9; &#xe9;crits &#xe0; l’encre noire, un peu p&#xe2;lie par les ann&#xe9;es. L’utilisation de la plume explique peut-&#xea;tre que pendant les grandes offensives, ils n’ont pas &#xe9;t&#xe9; tenus &#xe0; jour, l’installation &#xe9;tant rudimentaire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D&#xe8;s 1925, quand Monsieur PETIT a eu sa premi&#xe8;re voiture, il a emmen&#xe9; sa famille sur les champs de bataille. Ces promenades, comme le relate Madeleine, n’avaient rien de bien r&#xe9;jouissant pour des jeunes filles, mais leur p&#xe8;re avait besoin de leur montrer les lieux o&#xf9; il avait &#xe9;t&#xe9; pr&#xe9;sent pendant les combats. C’&#xe9;tait s&#xfb;rement une mani&#xe8;re d’exorciser l’horreur qu’il avait c&#xf4;toy&#xe9;e comme tant d’autres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 07 Jan 2009 11:20:00 GMT</pubDate></item><item><title>Introduction au Carnet 1 &quot;1914. Souvenirs&quot;</title><dc:creator>Jopo</dc:creator><link>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/06/11864253.html</link><category>Pr&#xe9;sentation g&#xe9;n&#xe9;rale des carnets</category><comments>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/06/11864253.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://carnetdeguerre.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11864253/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/06/11864253.html</guid><description>&lt;p&gt;Ce 1er carnet, un carnet publicitaire &#xab; Liqueur de Marque &#xab; Menthe-Pastille &#xbb; de E.Giffard &#xe0; Angers &#xbb; avec le calendrier de l’ann&#xe9;e 1914, s’intitule &#xab; Souvenirs &#xbb;. Il couvre la p&#xe9;riode du 24 ao&#xfb;t au 20 octobre 1914. C’est l’&#xe9;vacuation de son &#xe9;pouse Marguerite et de sa fille Suzanne, alors &#xe2;g&#xe9;e de 2 ans, elles sont accompagn&#xe9;es par Marie, sa belle-soeur, et ses fils. Les Ardennes sont envahies.&lt;br /&gt;Dans un premier temps, Monsieur PETIT conduit sa famille vers la Normandie : voici les grandes &#xe9;tapes du voyage du 24 au 26 ao&#xfb;t 1914.&lt;br /&gt;Charleville – Lonny – Bolmont – Liart – Amagne – Reims – Paris – St Vaast d’Equiqueville (au sud-est de Dieppe).&lt;br /&gt;Les Prussiens approchant, sa famille quitte cette r&#xe9;gion et retrouve Monsieur PETIT &#xe0; Rouen le 6 septembre 1914. Divers trains les am&#xe8;neront dans l’Is&#xe8;re, dans de la famille, le 9 septembre 1914 en passant par : Orl&#xe9;ans – Vierzon – Bourges – Saincaize (pr&#xe8;s de Nevers) – St Germain des Foss&#xe9;s (pr&#xe8;s de Vichy) – Roanne – St Etienne – Lyon – Grenoble – Voiron – St Laurent du Pont (Is&#xe8;re).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans ce premier carnet, les jours sont m&#xe9;thodiquement soulign&#xe9;s. C’est s&#xfb;rement le plus soign&#xe9; des trois, c’est aussi celui qui retrace une p&#xe9;riode o&#xf9; il n’&#xe9;tait pas au cœur du conflit. Il ne mesurait pas non plus quelle allait &#xea;tre la dur&#xe9;e de cette guerre. Il souffrait du manque d’information concernant sa famille, et son devenir de soldat.&lt;br /&gt;Lors de sa mobilisation, il a &#xe9;t&#xe9; affect&#xe9; dans la Marine, et s’est retrouv&#xe9; dans la r&#xe9;gion de Saint-Malo. Suzanne se souvient qu’il parlait souvent de son uniforme qui ne lui allait pas : il &#xe9;tait mal taill&#xe9; et avait des manches trop courtes !&lt;br /&gt;Avec ses coll&#xe8;gues, il s’offre quelques excursions au Mont Saint Michel notamment. Mais il &#xe9;crit : &#xab; Bien que cette promenade soit d&#xe9;licieuse, je n’y &#xe9;prouve aucun charme, ayant toujours la pens&#xe9;e de Marguerite et Suzanne qui sont loin et surtout des miens dont je n’ai aucune nouvelle &#xbb;.&lt;br /&gt;&#xab; Les semaines se passent monotones. J’esp&#xe8;re toujours &#xea;tre rappel&#xe9; dans les Ardennes. Mais on n’avance pas. Pourquoi les a-t-on laiss&#xe9; entrer, et surtout pourquoi a-t-on laiss&#xe9; les populations &#xe0; la merci des barbares plut&#xf4;t que de les avoir pr&#xe9;venues qu’&#xe0; Charleroi, on battait en retraite. De grands malheurs auraient pu &#xea;tre &#xe9;vit&#xe9;s. Mais on n’a cure de la population civile. Et pourtant…qui paie ? &#xbb;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 06 Jan 2009 17:32:00 GMT</pubDate></item><item><title>Carnet 1 : 1914</title><dc:creator>Jopo</dc:creator><link>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/05/11864226.html</link><category>Textes originaux de Monsieur Georges PETIT</category><comments>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/05/11864226.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://carnetdeguerre.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11864226/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/05/11864226.html</guid><description>&lt;p&gt;Nuit du lundi 24 au mardi 25 ao&#xfb;t 1914	&lt;br /&gt;R&#xe9;veill&#xe9; vers 2 h du matin par Watrin. Les coll&#xe8;gues partent pour Rethel &#xe0; 6 h matin. Marguerite (son &#xe9;pouse), Suzanne (sa fille n&#xe9;e en 1912) et moi partis de Charleville &#xe0; 9 h matin en voiture pour Lonny. Arriv&#xe9;e vers 11 heures. Nous y avons d&#xe9;jeun&#xe9;. A 2 heures, nous quittons mon p&#xe8;re, bien triste. Pr&#xe9;vot nous conduit en voiture &#xe0; Bolmont. Nous y sommes rejoints par Marie et ses 2 petits. Vers 4 heures, arrive enfin un train (on entend le canon vers Sedan). Oblig&#xe9;s de monter dans un wagon de marchandises jusque Liart. L&#xe0;, nous trouvons aussit&#xf4;t un train jusque Amagne, puis un vers Reims. Entre Amagne et Rethel, Suzanne, incommod&#xe9;e par la chaleur, est malade. Je suis bien ennuy&#xe9;e, et je d&#xe9;cide qu’on arr&#xea;tera &#xe0; Rethel chez Folliant, h&#xf4;tel moderne, pas de place ; &#xe0; bien d’autres endroits &#xe9;galement. Je trouve enfin Mme Millet qui nous hospitalise de grand cœur. Nous y mangeons et couchons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le lendemain, mercredi 26, &#xe0; midi	&lt;br /&gt;Je suis envoy&#xe9; en mission &#xe0; Reims. J’y conduis Marguerite et Suzanne. Arriv&#xe9;e &#xe0; 2 &#xbd; h. Je les installe dans un train qui part pour Paris &#xe0; 11 heures &#xbd;. Elles sont arriv&#xe9;es &#xe0; Paris &#xe0; minuit, y ont couch&#xe9; et le lendemain &#xe0; 8 heures pris le train pour St Vaast d’Equiqueville (Seine Inf&#xe9;rieure). Je suis oblig&#xe9; d’attendre &#xe0; Reims jusque 3 h du matin. Je rentre &#xe0; Rethel vers 4 heures par une pluie battante.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jeudi 27	&lt;br /&gt;Nous nous installons &#xe0; l’entrep&#xf4;t de Rethel o&#xf9; on travaille tant bien que mal. On voit arriver de nombreux &#xe9;migr&#xe9;s du nord des Ardennes. Successivement arrivent des coll&#xe8;gues oblig&#xe9;s d’&#xe9;vacuer leurs recettes. On dit que les prussiens sont entr&#xe9;s par Rocroi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vendredi 28	&lt;br /&gt;Arrivent toujours des &#xe9;migr&#xe9;s. La panique commence &#xe0; prendre &#xe0; Rethel. Dans l’apr&#xe8;s-midi, violente canonnade vers Launois. A 7 heures on parle d’&#xe9;vacuer. Vers 8 h la population part, mais &#xe0; Sault, on fait faire demi-tour &#xe0; beaucoup. Nous couchons dans le grenier de l’entrep&#xf4;t car on s’attend &#xe0; partir. Nous prenons la garde &#xe0; tour de r&#xf4;le devant la sous-pr&#xe9;fecture. On entend la fusillade vers Novion. Je suis de garde de minuit &#xe0; 1 h &#xbd;. Vers 1 heure arrivent des autos qui ont &#xe9;t&#xe9; attaqu&#xe9;es vers Launois. A1 h &#xbc;, on nous pr&#xe9;vient de nous tenir pr&#xea;ts &#xe0; partir. Vers 3 heures on nous fait diriger vers la route de Sault. Nous attendons le CBR. A 5 heures, arrivent 5 trains. Le premier est pour les fonctionnaires. Le canon tonne pr&#xe8;s de nous quand le train d&#xe9;marre. Il fait froid. Arriv&#xe9;e &#xe0; Reims vers 10 heures.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Samedi 29	&lt;br /&gt;Nous apprenons qu’&#xe0; 2 heures on nous donnera des instructions &#xe0; l’&#xe9;cole Gerbaud &#xe0; l’extr&#xe9;mit&#xe9; de Reims. A 6 h, nous quittons sans instructions.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dimanche 30	&lt;br /&gt;Toute la journ&#xe9;e se passe sans instructions.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lundi 31	&lt;br /&gt;M&#xea;me r&#xe9;sultat.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mardi 1er septembre	&lt;br /&gt;On convoque 5 classes de facteurs. Puis vers 5 h &#xbd;, nous avons nos ordres de service.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mercredi 2 &lt;br /&gt;Avec Watrin et Guillaudelle nous sommes &#xe0; la gare de Reims &#xe0; 7 h &#xbd;. Nous montons dans un train pour Ch&#xe2;lons. Ce train ne part qu’&#xe0; midi au moment o&#xf9; le g&#xe9;nie fait sauter les voies. On arr&#xea;te sans cesse. Nous arrivons &#xe0; Ch&#xe2;lons le jeudi 3 &#xe0; 9 h du matin. Nous allons &#xe0; la Direction ; tout est ferm&#xe9;. Ils ont &#xe9;vacu&#xe9; &#xe0; 4 h matin ! A midi nous prenons un train pour Troyes. Panique &#xe0; Ch&#xe2;lons. Tout le monde fuit. Apr&#xe8;s bien des arr&#xea;ts, nous d&#xe9;barquons &#xe0; Troyes-Croncels &#xe0; 3 h matin. Pas de chambres. Nous allons au commissariat jusque 6 heures. A 8 heures &#xe0; la Direction. L&#xe0; on nous donne des ordres de service. J’en ai un pour Rennes en passant par Rouen o&#xf9; je peux aller chercher Marguerite.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vendredi 4 septembre	&lt;br /&gt;Nous revoyons l&#xe0; Sourde, Faucheron, Pouillart, et aussi les coll&#xe8;gues de Nancy et de Reims. A 6 h du soir, nous montons dans un train qui, par Sens, Montargis, nous am&#xe8;ne &#xe0; Orl&#xe9;ans &#xe0; midi le samedi 5. De l&#xe0;, avec M. Bourcier, nous partons &#xe0; 3 h pour Le Mans et Rouen. Arriv&#xe9;s &#xe0; Chartres &#xe0; 7 &#xbd; soir. Pas de train pour Rouen. Nous cherchons une chambre en vain dans tous les h&#xf4;tels. Finalement, un coiffeur nous offre un lit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dimanche 6	&lt;br /&gt;En arrivant &#xe0; 6 h du matin dans la cour de la gare, j’ai la stup&#xe9;faction et le plaisir d’y voir Marguerite et Suzanne. Arriv&#xe9;es dans la nuit avec Marie (ils ont quitt&#xe9; Arques, les prussiens approchant). Elles ont d&#xfb; coucher dans la gare. Leur billet &#xe9;tant pour Orl&#xe9;ans, je repars avec elles vers 8 heures. Apr&#xe8;s arr&#xea;ts de 11 h &#xbd; &#xe0; 2 h &#xbd; avant d’entrer en gare, nous arrivons &#xe0; Orl&#xe9;ans. Les enfants pleurent, ils n’ont pas mang&#xe9;. Nous ne trouvons qu’une petite auberge o&#xf9; nous passons la nuit sans dormir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lundi 7. A 8 heures	&lt;br /&gt;D&#xe9;part pour Saint Laurent. Aux Aubrais, on change d&#xe9;j&#xe0;, nous sommes serr&#xe9;s dans des wagons &#xe0; bestiaux. Les parisiens se sauvent. On arrive &#xe0; Vierzon vers 1 heure. On n’a que le temps de changer pour monter dans un fourgon d’un train vers Bourges. L&#xe0; nous prenons place en 2&#xe8; jusque Saincaize (au sud de Nevers). Arriv&#xe9;e 5 heures. Je me ravitaille au buffet mais il y a peu de chose. Le train qui doit partir &#xe0; 5 h 50 n’arrive qu’&#xe0; 8 heures. Nous sommes &#xe0; Saint Germain des Foss&#xe9;s (au Nord de Vichy) &#xe0; 1 h matin o&#xf9; on nous dit que le train vers Lyon est parti. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mardi 8. Vers 2 h &#xbd;	&lt;br /&gt;On forme un train pour Roanne o&#xf9; nous sommes &#xe0; 5 h matin. Change pour St Etienne. De nouveau change de train. Un express nous am&#xe8;ne &#xe0; Lyon &#xe0; midi. Le train pour Grenoble n’est qu’&#xe0; 5 heures. Nous partons enfin. A Voiron (9 h soir) plus de train pour St Laurent (Is&#xe8;re). On y couche. Tout le monde est fatigu&#xe9; et bien d&#xe9;sol&#xe9;. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mercredi 9. A 8h matin	&lt;br /&gt;Une voiture nous conduit &#xe0; St Laurent du Pont. Nous arrivons chez les cousins Satre &#xe0; 10 h &#xbd;. Ils nous accueillent. A 1 heure, je quitte bien triste Marguerite et Suzanne. Quel cr&#xe8;ve-cœur. On me ram&#xe8;ne &#xe0; Voiron o&#xf9; &#xe0; 3 h &#xbd; je prends le train pour Lyon. A 10 heures, un express me conduit &#xe0; St Germain des Foss&#xe9;s o&#xf9; on m’a fait descendre &#xe0; tort, l’express arr&#xea;tant &#xe0; Saincaize. Un omnibus suit, mais &#xe0; Moulins, on descend. Il est 2 heures. Je me couche dans un wagon jusque 6 heures puis je vais en ville : je vois Armande Le ?, et Julien de Sedan.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;jeudi 10 &#xe0; 10 h	&lt;br /&gt;Je pars pour Saincaize. Arriv&#xe9;e &#xe0; midi. D&#xe9;part vers 1 h &#xbd;. Par Bourges, je vais vers Tours (1h matin). L&#xe0; on me dit que je ne puis passer par Le Mans, la ligne &#xe9;tant occup&#xe9;e. Je continue sur Angers.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vendredi 11	&lt;br /&gt;J’y arrive &#xe0; 8 h matin et en repars vers 11 heures pour Le Mans o&#xf9; je suis &#xe0; 3 heures. Je repars &#xe0; 9 h du soir pour Rennes o&#xf9; j’arrive le samedi 12 &#xe0; 4 h du matin. Je trouve un lit dans un h&#xf4;tel voisin de la gare et &#xe0; 9 h je vais &#xe0; la Direction o&#xf9; je trouve Pouillart (un de ses coll&#xe8;gues). On m’affecte au contr&#xf4;lement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dimanche 13	&lt;br /&gt;A 11 h, je vais &#xe0; St Malo pour avoir des nouvelles chez M. Leblanc. Mais ils ne savent rien. Je repars &#xe0; 5 h 15 pour Rennes.&lt;br /&gt;La vie se passe monotone. Pas de nouvelles de chez nous. Heureusement encore que ma femme et ma fille sont en s&#xfb;ret&#xe9;. J’attends tous les jours avec impatience les nouvelles que Marguerite m’envoie jour par jour.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dimanche 20	&lt;br /&gt;Parti le samedi &#xe0; 5 h &#xe0; St Malo, j’ai pass&#xe9; la journ&#xe9;e chez M. Leblanc. Ils ne savent rien. Vu la grande mar&#xe9;e. Retour le lundi 21 &#xe0; 8 h matin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dimanche 27	&lt;br /&gt;Watrin (un de ses coll&#xe8;gues) vient passer la journ&#xe9;e avec moi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dimanche 4 octobre	&lt;br /&gt;Parti coucher le samedi &#xe0; Combourg o&#xf9; est Watrin, nous allons le dimanche au Mont St Michel. C’est tr&#xe8;s joli et surtout tr&#xe8;s imposant. Comme j’ai souhait&#xe9; que les miens soient avec moi. L’aller se fait en auto de Pontorson au Mont. Le retour, &#xe0; 3 heures, &#xe0; pied. Bien que cette promenade soit d&#xe9;licieuse, je n’y &#xe9;prouve aucun charme, ayant toujours la pens&#xe9;e de Marguerite et Suzanne qui sont loin et surtout des miens dont je n’ai aucune nouvelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mercredi 29 septembre	&lt;br /&gt;J’ai &#xe9;crit au Petit Parisien pour faire mettre un article. J’avais &#xe9;crit auparavant &#xe0; H. Lain&#xe9; &#xe0; Blois. Elle ne sait rien. Je re&#xe7;ois des lettres de personnes me demandant des nouvelles des Camus ; j’ai &#xe9;crit dans la Hte Marne chez la sœur de Mme Briard. Ils n’y sont pas. Que cela est triste, quelles angoisses m’&#xe9;treignent chaque jour.&lt;br /&gt;Les semaines se passent monotones. J’esp&#xe8;re toujours &#xea;tre rappel&#xe9; dans les Ardennes. Mais on n’avance pas. Pourquoi les a-t-on laiss&#xe9; entrer, et surtout pourquoi a-t-on laiss&#xe9; les populations &#xe0; la merci des barbares plut&#xf4;t que de les avoir pr&#xe9;venues qu’&#xe0; Charleroi, on battait en retraite. De grands malheurs auraient pu &#xea;tre &#xe9;vit&#xe9;s. Mais on n’a cure de la population civile. Et pourtant…qui paie ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dimanche 11 octobre	&lt;br /&gt;Pouillart m’a t&#xe9;l&#xe9;graphi&#xe9; de St Malo qu’il y a excursion sur la Rance. Je pars le samedi soir coucher &#xe0; St Malo. Je prends Watrin en passant &#xe0; Combourg. Le lendemain d&#xe9;part sur le bateau &#xe0; 7 h 45. Nous prenons Pouillart et la famille &#xe0; Dinard. Jolie promenade, mais contrari&#xe9;e au d&#xe9;but par un fort brouillard. Nous rentrons &#xe0; midi. Puis Pouillart nous fait visiter St Enogat, Dinard et les Eplorges. A 6 h nous repartons &#xe0; St Malo. Chez H.Leblanc, pas de nouvelles si ce n’est que Sedan rena&#xee;t &#xe9;vacu&#xe9; par les prussiens. Nous repartons &#xe0; 11h &#xbc; soir. J’arrive &#xe0; Rennes &#xe0; 2h &#xbd; matin par un fort brouillard, et, la porte de l’h&#xf4;tel close, je suis oblig&#xe9; de passer ma nuit dehors.&lt;br /&gt;Cette semaine je m’ennuie de plus en plus. Re&#xe7;u lettres de M. Loupot, A.Pinteaux, Mme Tirole.&lt;br /&gt;Envoy&#xe9; &#xe0; mon fr&#xe8;re un beau chandail. Je voudrais lui envoyer plus, mais on est limit&#xe9; (pas de postaux).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dimanche 18 octobre	&lt;br /&gt;Malade, je suis rest&#xe9; ici et me suis ennuy&#xe9; toute la journ&#xe9;e.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mardi 20	&lt;br /&gt;Suis all&#xe9; voir Mmes Camus et Mottet qui sont &#xe0; Rennes. On a bien caus&#xe9; du pays.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 05 Jan 2009 17:29:00 GMT</pubDate></item><item><title>Introduction au Carnet 2 &quot;1915. Carnet de route&quot;</title><dc:creator>Jopo</dc:creator><link>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/04/12000383.html</link><category>Pr&#xe9;sentation g&#xe9;n&#xe9;rale des carnets</category><comments>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/04/12000383.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://carnetdeguerre.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/12000383/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/04/12000383.html</guid><description>&lt;p&gt;Mar&#xe9;chal des logis fourrier (41&#xe8;me artie lourde 8&#xe8;me groupe 33&#xe8;me Bie) nomm&#xe9; le 1er novembre 1915 mar&#xe9;chal des logis chef (85&#xe8;me artie lourde 2&#xe8;me groupe 3&#xe8;me Bie)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce carnet couvre la p&#xe9;riode du 27 f&#xe9;vrier 1915 au 22 janvier 1917. Monsieur PETIT d&#xe9;crit les &#xe9;tapes de ses d&#xe9;placements : Ch&#xe2;lons – Mourmelon – Verdun – Ch&#xe2;lons &#xe0; nouveau – R&#xe9;gion d’Epernay – Suippes – Dormans – Reims – Verdun – Mailly – et pour finir la Somme.&lt;br /&gt;Il est souvent question du temps, froid, humide, de la neige, de la chaleur excessive. Ces conditions m&#xe9;t&#xe9;orologiques ont d’&#xe9;normes r&#xe9;percussions sur les combats, et sur le quotidien des soldats ; combien de fois &#xe9;crit-il &#xab; on embourbe &#xbb;, la boue est omnipr&#xe9;sente rendant difficile les d&#xe9;placements. Sa peur, il ne la dit pas franchement, mais on sent qu’il est pass&#xe9; bien des fois &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de la mort. Les d&#xe9;placements se font souvent de nuit pour &#xe9;viter d’&#xea;tre rep&#xe9;r&#xe9;s par l’ennemi. Toujours tr&#xe8;s pr&#xe9;sent dans ce carnet aussi, le manque d’informations quant &#xe0; la destination de son r&#xe9;giment. Il parle de ses permissions, parfois refus&#xe9;es &#xe0; la derni&#xe8;re minute, il doit invoquer la maladie de son &#xe9;pouse ; pour la naissance de Madeleine, on lui accorde, &#xab; quelle bienveillance ! &#xbb;, deux jours de permission.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il &#xe9;voque aussi les lieux de bataille et les carnages. Ainsi souligne-t-il spectacle inoubliable, en d&#xe9;crivant ce qu’il voit au lever du jour apr&#xe8;s une nuit de bataille. Ce soulignement en dit long sur ce qu’il a v&#xe9;cu : des trois carnets, ce sont les seuls mots soulign&#xe9;s, en dehors des dates.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant les p&#xe9;riodes plus calmes, il se hasarde &#xe0; d&#xe9;crire le paysage et r&#xea;ve d’y emmener femme et enfants.&lt;br /&gt;Il y a aussi de longs moments pendant lesquels il n’&#xe9;crit pas, ainsi entre le 19 mars et le 22 mai 1916 : c’est une p&#xe9;riode de combats intenses, Verdun, l’Argonne, la Wo&#xeb;vre &#xab; le temps passe et on est toujours en position &#xbb;, &#xab; les obus tombent partout &#xbb;. On peut comprendre ces silences : le danger, les obus, les ravitaillements difficiles sont le quotidien. Et surtout le d&#xe9;couragement s’installe apr&#xe8;s les offensives : &#xab; la canonnade fait rage du matin au soir, mais pas de r&#xe9;sultats appr&#xe9;ciables. C’est bien dur. &#xbb;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 04 Jan 2009 13:13:00 GMT</pubDate></item><item><title>Carnet 2 : 1915 - 1917</title><dc:creator>Jopo</dc:creator><link>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/03/12000580.html</link><category>Textes originaux de Monsieur Georges PETIT</category><comments>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/03/12000580.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://carnetdeguerre.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/12000580/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/03/12000580.html</guid><description>&lt;p&gt;1915	&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Samedi 27 f&#xe9;vrier	&lt;br /&gt;A 10 h matin arrive l’ordre de d&#xe9;part. A midi, on se met en route vers Ch&#xe2;lons en passant par Meaux (11 h &#xbd; soir).Trilport (pont saut&#xe9; par les anglais o&#xf9; on passe voiture par voiture), La Fert&#xe9; sous Jouarre, Montmirail, Champaubert, Etoges (vu en sortant du pays un caisson allemand), arriv&#xe9;e &#xe0; Ch&#xe2;lons le dimanche &#xe0; 7 h soir. On loge &#xe0; la caserne du 25&#xe8;me d’artillerie. Mang&#xe9; &#xe0; l’h&#xf4;tel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 1er mars	&lt;br /&gt;A 8 h matin apr&#xe8;s une pluie torrentielle, on se met en route. Arr&#xea;t &#xe0; La Veuve o&#xf9; nous restons jusque 8 h soir. Temp&#xea;te de neige. Le canon gronde. On part, en silence, mettre en batterie. Apr&#xe8;s Mourmelon le Petit, la batterie va &#xe0; Baconnes, l’&#xe9;chelon reste la nuit dans une plaine immense, recouverte de neige. On a froid.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mardi 2	&lt;br /&gt;Au matin, nous venons nous placer pr&#xe8;s d’un bois de sapin. On cache les voitures aux yeux des &#xab; taubes &#xbb;&lt;br /&gt;Le mardi soir &#xe0; 10 h on va chercher les pi&#xe8;ces que l’on ram&#xe8;ne pr&#xe8;s de nous.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du mercredi 3 au dimanche 7	&lt;br /&gt;Je pars reconna&#xee;tre un emplacement. Nous conduisons la batterie au repos, route de Ch&#xe2;lons, entre St Etienne au Temple et la gare de Cuperly. Nous restons dans un bois de sapins jusqu’au vendredi 5 mars o&#xf9; &#xe0; 8h soir nous repartons mettre en batterie vers Jonchery sur Suippe. Nuit noire. On marche feux &#xe9;teints. Nous longeons les lignes ennemies. Les fus&#xe9;es partent fr&#xe9;quemment des tranch&#xe9;es et nous &#xe9;clairent en m&#xea;me temps qu’elles &#xe9;blouissent. Nous passons &#xe0; Suippes, bombard&#xe9; fr&#xe9;quemment. Le canon tonne. A la ferme de Jonchery nous prenons dans les champs ; mais le terrain est mauvais. On embourbe. Devant nous les pi&#xe8;ces ont pu passer gr&#xe2;ce &#xe0; leurs ceintures de roues. Quant &#xe0; nous impossible d’avancer, on n’y voit goutte. Soudain, le Commandant d&#xe9;cide que l’&#xe9;chelon va faire demi-tour. On manœuvre au cabestan et on en sort. Nous allons vers la gare de Cuperly. Le jour se l&#xe8;ve. Il &#xe9;tait temps. Nous risquions d’&#xea;tre bombard&#xe9;s. On se loge dans un bois pr&#xe8;s de la voie romaine ; nous y passons la journ&#xe9;e du samedi 6, mais le dimanche 7 mars &#xe0; 6 h &#xbd; du matin nous voil&#xe0; partis &#xe0; travers le camp. Journ&#xe9;e inoubliable. On embourbe ; les tracteurs patinent. Enfin &#xe0; 7 h du soir (12 heures pour 5 km) nous arrivons &#xe0; un petit bois o&#xf9; nous devons camper. La moiti&#xe9; des remorques est sem&#xe9;e &#xe0; travers le camp. Il a plu; on est mal.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les journ&#xe9;es du lundi 8 et mardi 9	&lt;br /&gt;Il g&#xe8;le. La bise souffle sur ce plateau. On est transi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mercredi 10	&lt;br /&gt;Nous quittons pour aller occuper des baraquements non loin de Mourmelon. On y est assez tranquille. Chaque jour, je fais le ravitaillement &#xe0; la batterie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;vers le 20 mars	&lt;br /&gt;Brusquement, un matin, on nous fait changer pour occuper d’autres baraquements. On s’installe une fois de plus. Le matin je vais tous les 2 jours &#xe0; la gare de Mourmelon. L’apr&#xe8;s-midi, chaque jour, &#xe0; la batterie. Pendant ce s&#xe9;jour, je rends visite &#xe0; M. Lambotin que j’ai connu Ctr Ppal &#xe0; Nouzon. J’assiste au bombardement en r&#xe8;gle des hangars d’aviation. Les taubes et aviatiks viennent souvent nous rep&#xe9;rer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;vendredi 26	&lt;br /&gt;Le lendemain d’un bombardement, nous quittons &#xe0; nouveau pour aller occuper des &#xab; gourbis &#xbb; en plein bois. On n’y reste pas longtemps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;samedi 27	&lt;br /&gt;Je vais reconna&#xee;tre un cantonnement &#xe0; Vadenay. Je couche le soir dans un bon lit, chez M. Kintzel (bureau de tabac).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche 28	&lt;br /&gt;Repos.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 29	&lt;br /&gt;Enfin &#xe0; 5 h soir, nous partons, direction Cuperly. O&#xf9; va-t-on ? Je me le demande. On a parl&#xe9; d’une &#xe9;tape de 70 kms : c’est Verdun ou Soissons. D’autres parlent d’aller en Alsace. Bref au carrefour de la Grande Romanie, nous prenons la route de Verdun. J’en suis heureux. Nuit superbe, quoique froide. Il fait un joli clair de lune. Nous passons &#xe0; Auve (Marne) presque d&#xe9;truit ; Ste Menehould ; nous arrivons &#xe0; Clermont en Argonne, o&#xf9; chacun a le cœur serr&#xe9;, en voyant les ruines accumul&#xe9;es par les barbares. Une bonne partie de la ville est d&#xe9;truite par l’incendie. Des murs restent encore debout. Le tableau est sinistre. Des trains d’une longueur d&#xe9;mesur&#xe9;e circulent, le ravitaillement de Verdun ne se faisant que la nuit. J’arrive en pays connu : Aubr&#xe9;ville, Parois, Dombasle, Baleicourt, Glorieux ; on tourne &#xe0; gauche. O&#xf9; allons-nous donc ? Pas loin. A la caserne de Jardinfontaine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mardi 30	&lt;br /&gt;Il est 4 h du matin. Des chambres garnies de paillasses nous attendent. Vers 10 h du matin passe un aviatik qui lance 4 bombes &#xe0; nous destin&#xe9;es. Heureusement elles tombent de l’autre c&#xf4;t&#xe9; de la route, &#xe0; 150 m&#xe8;tres de l&#xe0;.&lt;br /&gt;L’apr&#xe8;s-midi je vais au QG pour voir mon beau-fr&#xe8;re qui est bien &#xe9;tonn&#xe9; de me trouver-l&#xe0;. Le soir la batterie part vers Braquis (&#xe0; l’est de Verdun) ; la neige se met &#xe0; tomber.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mercredi 31	&lt;br /&gt;Je pars avec le camion, &#xe0; 8 h matin. Nous arr&#xea;tons &#xe0; Haudiomont jusque 2 h soir puis allons &#xe0; Ch&#xe2;tillon o&#xf9; on cantonne. Nous sommes dans une maison isol&#xe9;e. L&#xe0;, le ravitaillement se fait la nuit. La route de Manheulles est trop en vue. Toutes les nuits je vais &#xe0; Braquis. La batterie loge au &#xab; ch&#xe2;teau &#xbb; pr&#xe8;s des Tuileries. Je passe par Watronville, Ronvaux, Haudiomont, Manheulles, Ville en Wo&#xeb;vre. Enormes trous d’obus aux environs de Manheulles,Ville en Wo&#xeb;vre, ce dernier presque en totalit&#xe9; d&#xe9;truit). Je vois la nuit le train allemand vers Harville (&#xe0; l’est de Verdun). Que de souvenirs me rappelle ce pays o&#xf9; encore cette ann&#xe9;e je me faisais une joie de venir par le petit train avec Marguerite et Suzanne. Les fus&#xe9;es luisent de toute part ; les mitrailleuses cr&#xe9;pitent. C’est sinistre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche 4 Avril	&lt;br /&gt;Jour de P&#xe2;ques, pluie toute la journ&#xe9;e. On ravitaille &#xe0; Dugny (au sud de Verdun) ; je pars &#xe0; la batterie &#xe0; 7 h et en rentre par une pluie torrentielle &#xe0; 4 h matin. La route est encombr&#xe9;e de convois. On pr&#xe9;pare quelque chose. L’artillerie arrive en masse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mardi 6	&lt;br /&gt;Nous partons pour aller dans un bois tranch&#xe9;e de Calonne. Ce soir-l&#xe0;, guigne compl&#xe8;te : accrochage d’une voiture l&#xe9;g&#xe8;re en descendant la c&#xf4;te d’Haudiomont ; embourb&#xe9; en bas. Puis aussit&#xf4;t Ville en Wo&#xeb;vre embourbement complet. Je reviens chercher un tracteur et je passe la nuit sur la route de Metz, sous la pluie, attendant en vain les tracteurs partis &#xe0; Verdun en corv&#xe9;e. Le matin on arrive &#xe0; sortir le camion. Je ram&#xe8;ne des bless&#xe9;s. Chaque nuit d’&#xe9;normes convois automobiles conduisent des planches &#xe0; Braquis. Il pleut toujours. La plaine de Wo&#xeb;vre est couverte d’eau. Les op&#xe9;rations sont difficiles. La batterie change de position et vient s’installer au ch&#xe2;teau d’Hanonville, marmit&#xe9; &#xe0; outrance chaque jour. Nous allons derri&#xe8;re le fort du Rozellier o&#xf9; on reste 2 jours dans la boue. Puis nous venons non loin de l&#xe0; pr&#xe8;s la Batterie St Aignan. Revu avec plaisir Raulin, Lehang, Mme Franquin. Je vais plusieurs fois &#xe0; Verdun ; j’en profite pour voir Fernand Thiery, d&#xe9;jeuner &#xe0; l’h&#xf4;tel de Metz et &#xe0; La Cloche. Pass&#xe9; chez Marchal. On est bien dans ce bois. C’est po&#xe9;tique. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais le mercredi 21 avril nous partons le matin &#xe0; Ancemont. Nous mangeons chez le mar&#xe9;chal, en face la scierie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;jeudi 22	&lt;br /&gt;A 6 h matin d&#xe9;part pour Cuperly. Nous faisons le chemin fait il y a 3 semaines. Je le fais en voiture l&#xe9;g&#xe8;re, venant pour le cantonnement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On reste ici jusqu’au dimanche 25 avril o&#xf9; nous venons au repos &#xe0; Livry-s-Vesle. Install&#xe9;s dans une maison seule. On va, dit-on, mettre en batterie vers Prosnes. Le s&#xe9;jour &#xe0; Livry se prolonge, mai, juin passent. On est toujours ici.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;1er juin	&lt;br /&gt;Je passe &#xe0; la col. l&#xe9;g&#xe8;re faire fonction de chef. Bureau tr&#xe8;s bien install&#xe9; dans la salle &#xe0; manger de la boucherie Raulet.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du 14 juillet au 20 juillet	&lt;br /&gt;Je pars en permission 4 jours. C’est avec plaisir que je retrouve ma femme et ma fillette, toutes deux en bonne sant&#xe9; ; celle-ci grandie et chang&#xe9;e. Mais h&#xe9;las, cela passe vite.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;20 juillet	&lt;br /&gt;Je rentre. Je trouve les batteries au repos ; les pi&#xe8;ces sont descendues. Nous sommes remplac&#xe9;s par une batterie territoriale. On s’attend &#xe0; partir chaque jour former une r&#xe9;serve d’artillerie lourde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;31 juillet	&lt;br /&gt;Par application de la loi Dalbiey, il ne m’est possible de passer chef &#xe0; la colonne l&#xe9;g&#xe8;re, un chef rengag&#xe9; &#xe9;tant arriv&#xe9; de Versailles. Je repasse fourrier &#xe0; la 33&#xe8;me Batterie. D&#xe9;part de Livry &#xe0; 6 h du matin pour Tours sur Marne (&#xe0; l’est d’Epernay) o&#xf9; nous venons cantonner. Jolie localit&#xe9; : Marne, canal. Bureau bien install&#xe9;. Je couche dans un lit chez M Deschamps, comptable ici dans une maison de champagne ; homme charmant, ardennais d’origine. Je trouve ici M. Franquin, qui accompagne la 42&#xe8;me Don. Il y fait le ravitaillement. Nous d&#xee;nons ensemble.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;13 ao&#xfb;t	&lt;br /&gt;Au soir les batteries vont pr&#xe9;parer des emplacements, face &#xe0; Aub&#xe9;rive (cote 137). J’y vais au ravitaillement. Vilain coin. Le bois derri&#xe8;re lequel sera la 33&#xe8;me est peu touffu ; les sapins y sont tr&#xe8;s courts. C’est &#xe0; 3 kms environ, au n.e. de Mourmelon le Grand.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;16 ao&#xfb;t	&lt;br /&gt;A 7 h matin, nous quittons avec regret Tours s. Marne et nous rentrons &#xe0; Livry. Pas pour longtemps parait-il. Les batteries prennent position. On forme 3 batteries de 4 pi&#xe8;ces.&lt;br /&gt;Une semaine sur deux, je vais &#xe0; la batterie mixte faire le ravitaillement. Certains soirs, &#xe7;a canonne dur. Je vois les fus&#xe9;es s’&#xe9;lever vers Aub&#xe9;rive, Souain, Perthes, etc… Les marmites tombent parfois dans les environs et m&#xea;me pr&#xe8;s des pi&#xe8;ces. Nous quittons Livry pour venir bivouaquer dans un petit bois. On pr&#xe9;pare une attaque. Convois nuit et jour ; (traverses, rondins, etc…) ; arriv&#xe9;e d’artillerie surtout du si&#xe8;ge. Fr&#xe9;d&#xe9;ric m’&#xe9;crit qu’il est dans les environs. La canonnade prend par moments, parfois tr&#xe8;s violente. Mais que c’est long et qu’on s’ennuie !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dimanche 19 septembre	&lt;br /&gt;Fr&#xe9;d&#xe9;ric vient passer la journ&#xe9;e pr&#xe8;s de moi. Nous causons du pays, et chacun a h&#xe2;te de revoir sa famille. Le bruit court que l’offensive ne tardera pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lundi mardi 21 septembre	&lt;br /&gt;7 h en ravitaillant la batterie mixte (au dessus de la route de l’Esp&#xe9;rance) j’entends bien l’ordre du g&#xe9;n&#xe9;ralissime, qui d&#xe9;clare que l’heure est venue de prendre une offensive g&#xe9;n&#xe9;rale, particuli&#xe8;rement violente sur plusieurs secteurs d&#xe9;termin&#xe9;s.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mercredi 22 septembre	&lt;br /&gt;A 6 h du matin commencement de l’offensive par une attaque d’artillerie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le jeudi, la canonnade est plus violente. Le vendredi, encore plus. Sur les c&#xf4;tes de Moronvilliers, s’&#xe9;l&#xe8;vent des nuages de fum&#xe9;e, de poussi&#xe8;re, etc.&lt;br /&gt;Les avions tiennent l’air sans arr&#xea;t. Nous avons 8 &#xab; saucisses &#xbb; dans notre secteur pour observer. On parle d’&#xea;tre bient&#xf4;t &#xe0; Vouziers. Le soir, en allant au ravitaillement, je vois l’incendie d’Aub&#xe9;rive par nos obus.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;samedi 25 septembre	&lt;br /&gt;A 9 heures, attaque d’infanterie. Le soir, nous avons enlev&#xe9; deux tranch&#xe9;es en avant. Aub&#xe9;rive a &#xe9;t&#xe9; pris par nous, puis repris par les boches qui ont converti ce village en une v&#xe9;ritable forteresse ; et l’ont m&#xea;me dit-on inond&#xe9; en d&#xe9;viant la Suippe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche 26	&lt;br /&gt;Reprise de la canonnade. Le soir, on apprend avec plaisir qu’&#xe0; l’est, on a beaucoup avanc&#xe9; en Champagne : 1 &#xe0; 4 km de profondeur sur un front de 25 km. Sommepy est entre nos mains. 12 000 prisonniers ; nous prenons des bouches &#xe0; feu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 27	&lt;br /&gt;Le communiqu&#xe9; officiel apprend que dans le nord, les anglais marchent bien. Au total sur le front : 20 000 prisonniers. En avant de nous, vers Moronvilliers, c’est plus dur et l’avance sera plus lente. Il est d&#xe9;sagr&#xe9;able que le mauvais temps nous contrarie. Nous nous attendons d’un moment &#xe0; l’autre &#xe0; partir d’ici.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;samedi 2 octobre	&lt;br /&gt;A 7 h du soir, d&#xe9;part. Nous allons mettre en batterie au nord-ouest de Souain. Nuit lugubre .Nous passons par Mourmelon le Grand, St Hilaire (o&#xf9; les boches ont lanc&#xe9; un peu avant quelques obus suffocants). Il reste peu de chose du village. Jonchery, &#xe0; demi-d&#xe9;truit ; Suippes, Souain totalement en ruines. Les obus &#xe9;clatent de tous c&#xf4;t&#xe9;s. Nous nous engageons dans des esp&#xe8;ces de chemin, au travers des anciennes lignes boches. La lune brille l&#xe9;g&#xe8;rement. Ce voyage est sinistre. On passe pr&#xe8;s d’&#xe9;normes trous d’obus. Enfin on arrive &#xe0; la position de batterie. Toujours les obus sifflent de tous c&#xf4;t&#xe9;s. Tout &#xe0; coup des lueurs brillantes, sans doute boches. Puis le petit jour arrive. Alors c’est un spectacle inoubliable. Des cadavres sont encore l&#xe0;. Le sol est boulevers&#xe9; : trous d’obus et tranch&#xe9;es. Celles-ci sont tr&#xe8;s profondes et bien am&#xe9;nag&#xe9;es. Je vois des armes, des munitions, tout cela &#xe9;pars. Nous retraversons Souain. Le clocher est en bas et les cloches sont dans la rue. L’emplacement de l’&#xe9;chelon est &#xe0; 1 km de Suippes, route de Souain.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche 3	&lt;br /&gt;Au soir les boches bombardent la route avec du 133 autrichien ; le lendemain dans la matin&#xe9;e, m&#xea;me r&#xe9;p&#xe9;tition. L’apr&#xe8;s-midi, nous d&#xe9;m&#xe9;nageons pour nous installer en dessous de la route de Perthes. De temps &#xe0; autre les obus sifflent, bombardent Suippes.&lt;br /&gt;mardi	On apprend la prise de Tahure.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;samedi 9	&lt;br /&gt;Vers 10 h matin, un avion boche nous descend une &#xab; saucisse &#xbb; avec une mitrailleuse. On n’avance plus, ou peu. Il est vrai que c’est difficile : on se heurte &#xe0; des retranchements formidables, b&#xe9;tonn&#xe9;s, fils de fer, coupoles blind&#xe9;es.&lt;br /&gt;Tous les jours ce ne sont qu’attaques violentes ; canonnade bruyante.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;jeudi 14 octobre	&lt;br /&gt;Vers 2 &#xbd; h soir, m’arrive l’ordre d’aller faire un cantonnement &#xe0; La Cheppe, qui se trouve un peu en arri&#xe8;re de la gare de Cuperly. Les tracteurs et camions partent &#xe0; ce moment &#xe0; la batterie pour aller rechercher les hommes et les pi&#xe8;ces. Le temps est clair. La saucisse boche nous voit. Comme par hasard, la pi&#xe8;ce de 133 balaie la route. Je crains qu’une de nos voitures soit atteinte. J’ai su apr&#xe8;s que les batteries &#xe9;tant marmit&#xe9;es &#xe0; outrance, ordre fut donn&#xe9; aux tracteurs d’attendre &#xe0; Souain la tomb&#xe9;e de la nuit. Heureusement, on s’en est bien tir&#xe9;. Dans Souain, un camion d’une section automobile re&#xe7;oit un obus. Le conducteur est d&#xe9;capit&#xe9;. Le commandant envoie l’ordre de laisser les tracteurs &#xe0; la sortie de Souain. Il est impossible de bouger les batteries qui sont marmit&#xe9;es &#xe0; outrance. On ne sort de batterie que le soir, et la colonne n’arrive &#xe0; La Cheppe que vers 1 h du matin. Pendant ce temps j’ai fait le cantonnement &#xe0; la lueur d’une lampe &#xe9;lectrique. C’est assez difficile. Peu de chambres pour officiers. La paille est rare dans les granges. Je couche dans le camion, sortie de La Cheppe vers Cuperly ; les voitures sont le long de la ligne strat&#xe9;gique Cuperly &#xe0; Ste Menehould. Il y passe beaucoup de trains (ravitaillement, trains sanitaires, etc…). Souvent y circulent 2 locomotives boches prises en Alsace.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;samedi 16	&lt;br /&gt;Au matin, d&#xe9;part pour Mairy sur Marne (au sud de Ch&#xe2;lons). Triste souvenir de ce pays qui loge d&#xe9;j&#xe0; des chasseurs &#xe0; cheval. Nous arrivons en intrus. Discussions nombreuses. Logement tr&#xe8;s difficile. On bivouaque, faute de place qu’on ne veut pas nous donner. Tout le monde est &#xe9;nerv&#xe9;. Concentration d’artillerie lourde de tout calibre. Pourquoi ? De vagues bruits circulent. Salonique ? Un contr&#xf4;leur v&#xe9;rifie les pi&#xe8;ces et les trouve bien malgr&#xe9; les dires des officiers. Elles sont cependant dans un triste &#xe9;tat.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 18 octobre	&lt;br /&gt;Nous quittons ce mauvais pays pour aller &#xe0; Sarry, &#xe0; quelques kilom&#xe8;tres. L&#xe0;, nous sommes mieux. Toujours la question : que va-t-on faire ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mardi 19	&lt;br /&gt;Au soir, on nous dit de nous tenir pr&#xea;ts &#xe0; partir le lendemain matin pour Vincennes. Joie sans limite de tous. Mais qu’y va-t-on faire ? Est-ce pour changer de mat&#xe9;riel et partir en Orient ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mercredi 20	&lt;br /&gt;Je pars de bonne heure faire le cantonnement &#xe0; Viels-Maisons (&#xe0; l’est de la Fert&#xe9;-Jouarre). Nous suivons la m&#xea;me route qu’en venant au front. Je repasse non sans &#xe9;motion &#xe0; Etoges, lieu de naissance de mon p&#xe8;re. Gentil pays. On repasse &#xe0; Champaubert, Montmirail. D’assez nombreuses tombes datant de la bataille de la Marne. A Viels-Maisons r&#xe9;ception chaleureuse. Tous les hommes couchent dans des lits. Par une carte, je pr&#xe9;viens Marguerite que nous rentrons &#xe0; Vincennes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;jeudi 21 octobre	&lt;br /&gt;On part &#xe0; 7 heures. La route n’est pas longue. On passe par Coulommiers. A 10 heures nous sommes &#xe0; Joinville. L&#xe0; nous attendons des ordres. Enfin &#xe0; 2 heures, on nous dirige sur Charenton. Parc sur la place des &#xe9;coles. Cantonnement tout pr&#xe8;s. Je fais le logement des officiers. Le soir, d&#xee;ner &#xe0; Paris avec Guillemeau. On rentre pour coucher &#xe0; 8 h &#xbd;.&lt;br /&gt;A ce moment, je m’entends appeler. Ce sont 2 conducteurs de la colonne l&#xe9;g&#xe8;re, qui, ayant d&#xee;n&#xe9; &#xe0; Vincennes, ont trouv&#xe9; ma femme et Suzanne &#xe0; l’h&#xf4;tel de l’Europe. Je ne puis les croire. Aussit&#xf4;t, j’y cours, &#xe0; travers le bois de Vincennes. Avec quelle joie je les retrouve ! Combien va-t-on rester ? On se le demande. Le lendemain nous nous &#xe9;tablissons dans un h&#xf4;tel &#xe0; Charenton. Au bout de quelques jours, on apprend qu’on va changer de mat&#xe9;riel (tracteurs, canons, camions). Le s&#xe9;jour se prolongera sans doute. Je cherche un appartement, et j’en d&#xe9;couvre un joli, au 4&#xe8;me &#xe9;tage d’un immeuble neuf, rue de la R&#xe9;publique. Nous revivons la vie de famille. Malheureusement, je n’ai que peu de temps &#xe0; passer chez moi. Il y a du travail sans arr&#xea;t. Les apr&#xe8;s-midi de dimanche, nous allons &#xe0; Paris. On revoit les amis : Mme Boutte ; Bouttet ; nous allons &#xe0; Puteaux o&#xf9; je revois avec plaisir mon camarade Millet, &#xe9;vad&#xe9; d’Allemagne. Suzanne est bien contente de se promener. Mais les jours passent trop vite, h&#xe9;las.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;1er novembre	&lt;br /&gt;Je suis nomm&#xe9; chef &#xe0; la batterie. Nous formons une batterie de d&#xe9;doublement avec 2 pi&#xe8;ces de chez nous. Remaniement complet. On change de mat&#xe9;riel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;16 novembre	&lt;br /&gt;Nous formons et passons 2&#xe8;me groupe du 85&#xe8;me artillerie ? 3&#xe8;me batterie. On parle de d&#xe9;part ? D&#xe9;j&#xe0; ! Que c’est donc court.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mercredi 17	&lt;br /&gt;A midi &#xbd; je reconduis Marguerite et Suzanne &#xe0; la gare de l’Est. On se quitte le cœur gros. Cruelle s&#xe9;paration.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;jeudi 18	&lt;br /&gt;A 9 h du matin nous partons pour aller vers Dormans. Nous faisons &#xe9;tape &#xe0; la Fert&#xe9; sous Jouarre. Jolie ville. Pont saut&#xe9; et r&#xe9;par&#xe9; en bois. Le soir, on apprend qu’au lieu d’aller &#xe0; Dormans, nous irons &#xe0; Courthi&#xe9;zy, petit village &#xe0; 4 kms en avant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mercredi 19	&lt;br /&gt;D&#xe9;part. Nous passons environ &#xe0; 25 kms de Neuilly. Que de pens&#xe9;es. On traverse Ch&#xe2;teau-Thierry. A midi, on est &#xe0; Courthi&#xe9;zy. Je suis log&#xe9; au moulin chez Mme Armand. Triste village !&lt;br /&gt;Les environs sont cependant pittoresques. La vall&#xe9;e de la Marne est jolie ; le pays est accident&#xe9;, et couvert de pommiers. La vie s’y &#xe9;coule, monotone. Paperasses en quantit&#xe9;. Etats &#xe0; fournir sans arr&#xea;t ! Je me pr&#xe9;pare &#xe0; aller en permission.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du samedi 11 d&#xe9;cembre au samedi 18 d&#xe9;cembre	&lt;br /&gt;Je dois partir, mais le vendredi soir vers 10 h on vient me pr&#xe9;venir que l’on doit se tenir pr&#xea;t &#xe0; partir au front. Les permissions sont suspendues. Je n’en dors pas ! Le samedi matin, je vais voir le Commandant, qui en raison de la maladie de Marguerite m’autorise &#xe0; partir. On me conduit &#xe0; Ch&#xe2;teau en auto. Au moment o&#xf9; je vais prendre le train de 10 h pour Neuilly, je trouve Marguerite et Suzanne en face de la gare. Je la trouve chang&#xe9;e et j’en ai bien mal au cœur. Nous d&#xe9;jeunons &#xe0; Ch&#xe2;teau et y couchons (elle venait me rejoindre &#xe0; Courthi&#xe9;zy). &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le lendemain, dimanche 12, nous partons &#xe0; 4 h pour Neuilly o&#xf9; on arrive le soir &#xe0; 6 h. J’y passe mes 6 jours de permission. Il fait assez beau temps, nous en profitons pour faire des promenades. Guillemeau m’avertit qu’ils sont all&#xe9;s &#xe9;chouer &#xe0; Mourmelon Le Grand mais qu’ils vont sans doute en partir. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;samedi 18	&lt;br /&gt;En effet, au moment de partir, il m’avise qu’ils sont &#xe0; Mont de Billy (4kms en dessous de Livry sur la route de Reims).Je pars bien triste &#xe0; 9 heures. Les trains ont du retard. J’arrive &#xe0; Ch&#xe2;lons &#xe0; minuit. Je suis fatigu&#xe9;. Avec peine, je trouve une chambre au restaurant des Ardennes, place de la R&#xe9;publique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche matin	&lt;br /&gt;A 7 h je prends le train pour Mourmelon. A 10 h je suis au Mont de Billy o&#xf9; est l’&#xe9;chelon. Petit bureau bien install&#xe9;. La batterie cantonne &#xe0; Courmelois.&lt;br /&gt;Elle travaille tous les jours &#xe0; la construction des emplacements. Mise en batterie entre Courmelois et Beaumont sur Vesle au bout du canal. Secteur assez calme. Malgr&#xe9; cela, de temps en temps, les villages de Courmelois, Beaumont (surtout), Villers-Marmery, Verzy, sont bombard&#xe9;s. Je vais chaque soir &#xe0; la batterie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;1916	&lt;/p&gt;&lt;p&gt;1er janvier 1916	&lt;br /&gt;Triste. Que de souvenirs !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;3 janvier 1916	&lt;br /&gt;Marmitage de la batterie qui re&#xe7;oit 112 obus. Un 250 allong&#xe9; tombe en plein sur la 1&#xe8;re pi&#xe8;ce et la coupe en 3 parties. Heureusement, personne autour, sans quoi…&lt;br /&gt;J’ai l’occasion d’aller &#xe0; la Sous-Intendance &#xe0; Savigny (A l’ouest de Reims, sur l’Ardres). Jolie promenade par la montagne de Reims. Pays pittoresque, vignes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vers le 18	&lt;br /&gt;Le bruit court qu’on va partir. Fr&#xe9;d&#xe9;ric vient me voir. Il m’apprend que son p&#xe8;re est prisonnier en Allemagne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;jeudi 20 janvier	&lt;br /&gt;Au soir, la batterie part &#xe0; Courthi&#xe9;zy.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;vendredi 21	&lt;br /&gt;Je pars avec l’&#xe9;chelon &#xe0; 8 h de matin. Pour Epernay, on arrive &#xe0; midi. Chacun reprend son logement.&lt;br /&gt;On parle d’y rester un bon moment. Pourvu que ce soit vrai, car il pleut souvent et on est mieux ici que dans la boue blanche de Champagne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;jeudi 17 f&#xe9;vrier	&lt;br /&gt;Bruits de d&#xe9;part.&lt;br /&gt;Chaque jour nous allons voir les progr&#xe8;s de la crue de la Marne, &#xe0; la suite de pluie et de neige. L’eau arrive au P. &#xe0; niveau de la ligne Paris-Ch&#xe2;lons. En m&#xea;me temps, de nombreux trains militaires passent nuit et jour. On parle d’attaque vers Verdun.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;jeudi 24 f&#xe9;vrier	&lt;br /&gt;A 4 h du soir arrive l’ordre de d&#xe9;part pour le lendemain matin : direction de Verdun.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;vendredi matin	&lt;br /&gt;A 8 h nous partons : quel temps affreux ; la neige tombe. Il a gel&#xe9;. Aussi les camions patinent. On pousse derri&#xe8;re. Que de mal. Nous passons &#xe0; Epernay. La neige tombe toujours ; puis vers Ch&#xe2;lons il y en a moins. Nous faisons &#xe9;tape &#xe0; Courtisols (pr&#xe8;s de L&#xe9;pine) &#xe0; 8 km de Ch&#xe2;lons. La colonne se forme sur la route. Je couche dans la voiture. Il fait froid.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;samedi 26 f&#xe9;vrier	&lt;br /&gt;D&#xe9;part &#xe0; 8 heures. Par Givry en Argonne, nous allons &#xe0; Nub&#xe9;court (vall&#xe9;e de l’Aire – au sud de Clermont en Argonne). Que de troupes arrivent ! Surtout de l’artillerie. L&#xe0; en arrivant, je vois une grosse maison d&#xe9;molie par l’explosion d’un camion charg&#xe9; de munitions. Tous les environs sont boulevers&#xe9;s. Nous formons colonne route de Beauz&#xe9;e.&lt;br /&gt;Quelle boue et quel froid. Le canon gronde de toutes parts. Le soir des &#xe9;clairs partout. La bataille fait rage sur Verdun. On n’a pas de journaux. Toutes sortes de nouvelles circulent : bonnes disent les uns, mauvaises disent les autres. Que croire ! Des convois d’&#xe9;migr&#xe9;s passent venant de Verdun, Belleville, Thierville, Chatillon, Ancemont, Dugny etc… Quel triste spectacle ! Femmes, enfants, vieillards. Les uns &#xe0; pied, les autres tass&#xe9;s sur des voitures. Que de serrements de cœur je ressens ! Cela me rappelle notre fuite des Ardennes !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 28 f&#xe9;vrier	&lt;br /&gt;Au soir nous partons &#xe0; 8 heures. Par Beauz&#xe9;e, Souilly, nous arrivons &#xe0; 4 h du matin route de Nix&#xe9;ville &#xe0; Lempire (au sud ouest de Verdun) . On forme le parc en pleins champs. La batterie est all&#xe9;e se mettre en position non loin de Thierville et du fort de Chana.&lt;br /&gt;Y allant le soir, je vois dans Glorieux des d&#xe9;g&#xe2;ts. L’arsenal est &#xe0; demi d&#xe9;truit. En face, un &#xe9;norme trou de marmite de 380 sur le bord de la voie de Paris. La batterie est bien situ&#xe9;e. Au pied d’une c&#xf4;te, dans un ravin. On tire beaucoup car les boches attaquent vers Douaumont. Ils tiennent le fort un moment ; on les d&#xe9;loge. Attaques vers Vaux. Les boches ont d’&#xe9;normes pertes. Brusquement ils changent de tactique, et attaquent vers le bois de Cumi&#xe8;res, le bois des Corbeaux (ouest de la Meuse). Quelle d&#xe9;bauche d’artillerie. C’est ph&#xe9;nom&#xe9;nal. On sent qu’ils cherchent le point faible. Verdun re&#xe7;oit des obus. Ils battent un peu partout. Passant un soir vers le pont des Sautelles, j’y vois br&#xfb;ler un camion qui a &#xe9;t&#xe9; bombard&#xe9;. Nous avons, &#xe0; cette position de batterie, 2 bless&#xe9;s dont 1 adjudant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;15 mars	&lt;br /&gt;Au soir, nous allons occuper une autre position sur la rive droite de la Meuse, dans la c&#xf4;te St Michel. J’y vais par Thierville (bombard&#xe9; souvent). Belleville o&#xf9; de nombreuses maisons sont atteintes. Le pont de la Galavaude a &#xe9;t&#xe9; coup&#xe9; par les obus.&lt;br /&gt;Les autres soirs, nous y allons par Verdun. Que de d&#xe9;g&#xe2;ts : rue des Capucins, rue Chevent ; dans le faubourg pav&#xe9; o&#xf9; l’&#xe9;glise est en miettes ! Dans le pr&#xe9; l’&#xe9;v&#xea;que, d’&#xe9;normes trous de marmites, vers le chauffour o&#xf9; &#xe7;a tombe souvent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche 19 mars	&lt;br /&gt;Je vais voir mon beau-fr&#xe8;re &#xe0; Verdun. Je vois, vers la caserne Anthanaud ( ?) beaucoup de d&#xe9;g&#xe2;ts ; sur la digue ; l’h&#xf4;tel des 3 maures (marnes ?) abattu ; place Chevent ; le clocher de Ste Catherine d&#xe9;capit&#xe9;. Enfin, je vois que les obus ont tomb&#xe9; un peu partout, causant plus ou moins de d&#xe9;g&#xe2;ts, suivant les endroits.&lt;br /&gt;La bataille continue, s’&#xe9;tendant en Wo&#xeb;vre, et en Argonne. Le canon tonne presque sans arr&#xea;t. Entre temps j’ai fait installer l’&#xe9;chelon dans le bois de Nix&#xe9;ville, route de Lempire. On n’y est pas trop mal, si ce n’est quelques journ&#xe9;es de pluie et de vent. Mais ce qui est le plus d&#xe9;solant c’est de ne pas recevoir de courrier. Je reste 3 semaines sans nouvelles de Marguerite. Aussi il y a des jours o&#xf9; je suis d&#xe9;courag&#xe9;. Puis les correspondances arrivent, mais peu r&#xe9;guli&#xe8;rement.&lt;br /&gt;La bataille continue et fait rage. Duels violents d’artillerie de part et d’autres. Je vais les apr&#xe8;s-midi &#xe0; la batterie. C’est tr&#xe8;s dangereux non seulement la travers&#xe9;e de Verdun, o&#xf9; la rue Chevent, la rue St Pierre (maison Auclin) ne sont que ruines, mais le plus dur est de la sortie du faubourg pav&#xe9; &#xe0; la villa St Michel. Les obus tombent partout ; tous les calibres ; depuis le 77 (plus rare) jusqu’au 210 en passant par le 1O5 et le 190. Ce ne sont que trous d’obus partout. Le chemin, les champs sont d&#xe9;fonc&#xe9;s. Les ravitaillements sont durs. Plus d’une fois j’ai d&#xfb; attendre &#xe0; la batterie, ou m&#xea;me dans la c&#xf4;te le long d’un talus, une accalmie. Le temps passe et on est toujours en position.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;22 mai	&lt;br /&gt;On prend Douaumont, mais on le reperd. Nous avons malheureusement des pertes. Des bless&#xe9;s ; et le 23, Bisch, mar&#xe9;chal des logis tu&#xe9;.&lt;br /&gt;La position est parfois intenable mais il faut tenir .Les hommes n’en peuvent plus. Un peu de repos serait bien m&#xe9;rit&#xe9; mais il ne vient pas vite. Avec cela le temps passe et on en est toujours au m&#xea;me point. La canonnade fait rage du matin au soir, mais pas de r&#xe9;sultats appr&#xe9;ciables. C’est bien dur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;31 mai	&lt;br /&gt;Nous sommes toujours ici.&lt;br /&gt;Quel ennui ! Les lettres n’arrivent pas r&#xe9;guli&#xe8;rement. Marguerite re&#xe7;oit &#xe0; peine &#xbd; de ce que je lui envoie. Que de cr&#xe8;ve-cœur je ressens. Je ne vois pas de fin &#xe0; cette guerre ; que deviennent nos pauvres parents rest&#xe9;s dans les Ardennes ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;1er juin	&lt;br /&gt;Journ&#xe9;e &#xe9;pouvantable. Pour monter au rapport, j’&#xe9;prouve bien des difficult&#xe9;s. C’est un marmitage sans arr&#xea;t. Que de fois cela m’est arriv&#xe9; ! car presque tous les jours c’&#xe9;tait la m&#xea;me chose. Le soir, nous avons un accident terrible. Vers 8 h &#xbd; alors qu’on d&#xe9;chargeait les munitions, arrive un obus boche qui, mettant le feu aux camions, occasionne du fait de l’essence un immense incendie. Un de nos d&#xe9;p&#xf4;ts de munitions saute avec un bruit infernal. 400 obus environ. 6 hommes de la section munitions sont tu&#xe9;s, et 2 de chez nous disparus. Les malheureux ont d&#xfb; &#xea;tre d&#xe9;chiquet&#xe9;s et en bouillie. La 4&#xe8;me batterie &#xe9;prouve en g&#xe9;n&#xe9;ral plus de pertes, surtout comme morts.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;7 juin	&lt;br /&gt;Au soir, la batterie descend. On laisse les pi&#xe8;ces. Nous les &#xe9;changeons avec le 81&#xe8;me.&lt;br /&gt;On reste dans le bois jusqu’au samedi 10 juin, jour o&#xf9; vers 8 h matin nous quittons la r&#xe9;gion pour venir &#xe0; Herpont (Marne) &#xe0; 18 km de Ste Menehould. Quel soupir de soulagement ! C’est sans regret que tous nous avons quitt&#xe9; ce vilain coin. Bien qu’Herpont soit un triste village de Champagne, on s’y sent plus &#xe0; l’aise ; et on se repose l’esprit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du 4 au 11 juillet	&lt;br /&gt;Je vais en permission &#xe0; Neuilly. Je rentre &#xe0; Herpont o&#xf9; je retrouve tout le monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;17 juillet	&lt;br /&gt;Au matin nous partons pour le camp de Mailly o&#xf9; nous devons faire des exp&#xe9;riences. Nous cantonnons &#xe0; Pogny (Marne, chambre chez le notaire).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le lendemain 18	&lt;br /&gt;Nous arrivons &#xe0; Trouan le Petit (Aube) o&#xf9; nous cantonnons pendant notre s&#xe9;jour ici.&lt;br /&gt;Vu &#xe0; Mailly des pi&#xe8;ces de 400 et 380 ; des Russes. S&#xe9;jour assez agr&#xe9;able &#xe0; Trouan. Bureau chez Gillain, d&#xe9;bitant tabac ; tr&#xe8;s accueillants. Revu Seigeot receveur &#xe0; Carignan, d&#xe9;tach&#xe9; &#xe0; Arcis sur Aube ; Armand&#xe9; fils du receveur de Rocroi, d&#xe9;tach&#xe9; &#xe0; la gare de Mailly.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 30	&lt;br /&gt;Au soir, arrive un ordre de se tenir pr&#xea;t &#xe0; embarquer le lendemain.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mardi matin	&lt;br /&gt;Pr&#xe9;cisions : nous embarquons en chemin de fer &#xe0; l’arsenal de Mailly &#xe0; 5 heures. Destination inconnue, mais au moment o&#xf9; on parle d’embarquer, c’est la Somme. Nous quittons Trouan &#xe0; 4 heures ; la famille Gillain est tout en larmes ; c’&#xe9;taient de bonnes gens et nous les regrettons. A 4 h &#xbd; on est en gare. Le train est form&#xe9; ; on embarque les tracteurs, canons, camions et voitures. Il fait un soleil de plomb. J’ai un mal de t&#xea;te horrible et ne puis d&#xee;ner. Nous avons, &#xe0; 3, un compartiment de 2&#xe8;me classe. On s’y installe. Le train d&#xe9;marre &#xe0; 9 h pour la gare de Mailly que nous ne quittons qu’&#xe0; minuit. On sait qu’on va &#xe0; Noisy le Sec. Mais de l&#xe0; ?... On passe par Ch&#xe2;lons, Ch&#xe2;teau Thierry (que de pens&#xe9;es vers les 2 &#xea;tres que j’adore). Arriv&#xe9;e &#xe0; Noisy vers 9 heures. Apr&#xe8;s maints pourparlers ; le train n’&#xe9;tant pas signal&#xe9; ( !!!) la machine &#xab; Est &#xbb; nous conduit au Bourget. L&#xe0; une machine nous prend le train. Interrog&#xe9; le m&#xe9;canicien dit devoir le conduire &#xe0; Longueau (pr&#xe8;s Amiens). Cependant, le train suit la ligne de Soissons. J’ai une lueur d’espoir vite dissip&#xe9;e. A Ornoy-Villers, il bifurque vers le nord. C’est Estr&#xe9;es St Denis, Montdidier, et Longueau. L&#xe0; nous d&#xe9;barquons.&lt;br /&gt;On quitte la gare pour cantonner &#xe0; Rumigny (7 km au sud d’Amiens) o&#xf9; nous devons attendre des ordres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;11 ao&#xfb;t	&lt;br /&gt;Naissance de Madeleine. J’ai le t&#xe9;l&#xe9;gramme le samedi 12 &#xe0; 8 h soir. On me donne 2 jours de permission (quelle bienveillance !!) Je pars d’Amiens &#xe0; 2 h matin et suis &#xe0; Neuilly le dimanche &#xe0; 1 heure apr&#xe8;s-midi. Je trouve toute la famille en bonne sant&#xe9; ; la petite Madeleine est bien portante. C’est pour 2 jours, mais enfin cela fait plaisir. Marguerite est bien soign&#xe9;e. Je repars, tranquille, mais avec de l’ennui quand m&#xea;me le mercredi 16 &#xe0; 6 h soir. Arriv&#xe9;e &#xe0; Amiens &#xe0; 5 h matin, &#xe0; Rumigny &#xe0; 11 heures.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;23 ao&#xfb;t	&lt;br /&gt;A 8 h matin nous partons tous pour Etinehem, petit pays au bord de la Somme (au nord d’Amiens). Le soir, la batterie met en position &#xe0; Curlu, dans les jardins.&lt;br /&gt;J’y vais le lendemain ; il y a 15km. On passe par Bray o&#xf9; il y a des traces de bombardement, Suzanne, pas mal d&#xe9;truit, Vaux, et par une route longeant le marais on arrive &#xe0; Curlu. Le pauvre pays est dans un triste &#xe9;tat. Pour le prendre il a fallu bombarder le village qui est maintenant d&#xe9;truit. Quelques jours apr&#xe8;s la pluie transforme les chemins en mar&#xe9;cages et c’est avec mille difficult&#xe9;s qu’on arrive &#xe0; effectuer le ravitaillement. Les camions s’embourbent, se cassent. Enfin, on a mille mis&#xe8;res. Le temps se remet heureusement et on am&#xe9;liore les chemins.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;3 septembre	&lt;br /&gt;Vers 11h &#xbd; soir alors que le Capitaine Ponson, les sous-lieutenants Lair et Hurel &#xe9;taient couch&#xe9;s dans leur abri, au bord de la Somme, un obus boche de 150 traverse sacs &#xe0; terre, rondins, et la vo&#xfb;te en t&#xf4;le, et fait explosion &#xe0; l’int&#xe9;rieur. On ne retrouve plus que 3 cadavres, au milieu des mat&#xe9;riaux &#xe9;boul&#xe9;s. Consternation dans la batterie. Monsieur PETIT en est d’autant plus constern&#xe9; que peu de temps avant il partageait avec ces officiers une bouteille de B&#xe9;n&#xe9;dictine que l’&#xe9;pouse du jeune Capitaine avait envoy&#xe9;e. Ce souvenir il l’a souvent racont&#xe9; &#xe0; ses filles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;5 septembre	&lt;br /&gt;On les enterre dans un cimeti&#xe8;re militaire &#xe0; Etinehem. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;8 septembre	&lt;br /&gt;Changement de position.&lt;br /&gt;On met en batterie au-del&#xe0; du bois d’Hem ou plut&#xf4;t ce qui reste du bois : un champ garni de quelques piquets. Le terrain est labour&#xe9; et retourn&#xe9; par nos obus. D’&#xe9;normes abris boches sont &#xe9;cras&#xe9;s. Au milieu de la plaine, des cadavres de soldats allemands dess&#xe9;ch&#xe9;s ; des obus non &#xe9;clat&#xe9;s, torpilles, grenades, fusils, casques. C’est le champ de bataille dans toute son horreur ; le paysage est triste et lugubre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;20 septembre	&lt;br /&gt;Arriv&#xe9;e du Capitaine de Jouvencel. Je vais le chercher &#xe0; 5 h &#xbd; du matin pr&#xe8;s de Maricourt et le conduis au PC du Chef d’Escadron.&lt;br /&gt;Au moment de revenir, voiture embourb&#xe9;e. Elle y reste 2 jours. R&#xe9;sultat : mon k&#xe9;pi disparu (enlev&#xe9; sans doute par des explosions car la voiture revient ab&#xee;m&#xe9;e). Du PC j’assiste &#xe0; une formidable attaque boche. Tirs de barrage &#xe9;pouvantables avec 210 et toute la gamme. A la batterie, 2 tu&#xe9;s. Je ne puis quitter les Carri&#xe8;res que vers midi. Je rentre dans un &#xe9;tat : rempli d’eau et de boue des pieds &#xe0; la t&#xea;te. &#xc7;a se renouvelle quelques jours de suite.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;8 octobre	&lt;br /&gt;Nous avan&#xe7;ons : mise en batterie pr&#xe8;s de Cl&#xe9;ry. Position tr&#xe8;s dangereuse. Les routes sont effroyablement marmit&#xe9;es. Nous y perdons un conducteur de tracteur ; puis quelques jours apr&#xe8;s : un autre ; un cuisinier tu&#xe9; – quelques bless&#xe9;s.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;19 octobre	&lt;br /&gt;Nous allons au repos &#xe0; Saveuse &#xe0; 3 km d’Amiens (&#xe0; l’Ouest).&lt;br /&gt;Bureau install&#xe9; dans le pavillon &#xab; la petite Saveuse &#xbb; qui appartient &#xe0; un professeur du lyc&#xe9;e d’Amiens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du 1er novembre au 11 novembre	&lt;br /&gt;Je pars en permission et je trouve ma famille en bonne sant&#xe9;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;12 novembre	&lt;br /&gt;Au matin nous partons en position &#xe0; Buscourt en avant de Feuill&#xe8;res. L’&#xe9;chelon est &#xe0; M&#xe9;ricourt.&lt;br /&gt;La position est bien install&#xe9;e : sapes tr&#xe8;s profondes, bois&#xe9;es, &#xe9;tablies par les boches. A l’&#xe9;chelon install&#xe9; &#xe0; M&#xe9;ricourt, par les clairs de lune les avions boches viennent lancer des bombes, comme du reste dans toute la r&#xe9;gion. (Il y a 6 semaines d&#xe9;j&#xe0; pr&#xe8;s de Cappy, nous avons &#xe9;t&#xe9; copieusement arros&#xe9;s, bombes d’avions ; et 133).&lt;br /&gt;Le mauvais temps arrive. Les routes sont dans un &#xe9;tat &#xe9;pouvantable. On &#xe9;prouve bien des ennuis avec les voitures. L’atelier est toujours encombr&#xe9;. Le s&#xe9;jour &#xe0; M&#xe9;ricourt se prolonge et le repos ne vient pas vite.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;1917	&lt;br /&gt;20 janvier 1917	&lt;br /&gt;Nous allons au repos &#xe0; Lamotte en Santerre, &#xe0; quelques kilom&#xe8;tres en arri&#xe8;re de M&#xe9;ricourt.&lt;br /&gt;S&#xe9;jour peu agr&#xe9;able, en raison de l’affluence des troupes au repos, due &#xe0; la proximit&#xe9; du front. La gel&#xe9;e prend fortement ; la neige tombe et ne fond pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;22 janvier 1917	&lt;br /&gt;Au matin, nous quittons Lamotte pour aller &#xe0; La H&#xe9;relle (Oise) (&#xe0; mi-chemin entre Amiens et Beauvais) o&#xf9; nous devons passer 2 jours avant d’embarquer. Il fait un froid intense. D&#xe9;j&#xe0; quelques radiateurs sont crev&#xe9;s. Nous sommes &#xe0; peu pr&#xe8;s bien install&#xe9;s &#xe0; La H&#xe9;relle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 03 Jan 2009 13:26:00 GMT</pubDate></item><item><title>Introduction au carnet 3 :&quot;Notes personnelles (suite)&quot;</title><dc:creator>Jopo</dc:creator><link>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/02/12000626.html</link><category>Pr&#xe9;sentation g&#xe9;n&#xe9;rale des carnets</category><comments>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/02/12000626.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://carnetdeguerre.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/12000626/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/02/12000626.html</guid><description>&lt;p&gt;Ses d&#xe9;placements vont le conduire dans la Somme, la r&#xe9;gion d’Epinal, la Marne, Ch&#xe2;teau-Thierry, Epernay, Reims, Dormans, Nancy, puis Marne et Haute-Marne, Vosges, retour &#xe0; Ch&#xe2;teau-Thierry, Compi&#xe8;gne, &#xe0; nouveau Montagne de Reims et la r&#xe9;gion de Souain et Sommepy. Voil&#xe0;, bri&#xe8;vement r&#xe9;sum&#xe9;e l’errance de ce soldat, p&#xe8;re de deux enfants en bas &#xe2;ge, pendant les deux derni&#xe8;res ann&#xe9;es de la guerre. Ses permissions ne lui apportent que des joies de bien courte dur&#xe9;e : &#xab; la permission s’&#xe9;coule vite ; trop vite &#xbb;. L’ennui le saisit de plus en plus : &#xab; D’ailleurs, c’est simple, je m’ennuie partout de me sentir si seul et voudrais &#xea;tre pr&#xe8;s de ma femme et de mes deux petites. &#xbb;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Suzanne, bien que tr&#xe8;s jeune alors, a encore en m&#xe9;moire quelques souvenirs des mois pass&#xe9;s &#xe0; Nogent.&lt;br /&gt;Elle jouait avec des cubes sur lesquels &#xe9;taient reproduites des images de soldats et d’infirmi&#xe8;res, des combats a&#xe9;riens ou navals. &lt;br /&gt;Quant &#xe0; Madeleine, elle a retrouv&#xe9; son alphabet de temps de guerre. Ainsi avons-nous A comme Artillerie, B comme Boches, E de Embuscade, F de Fort, T de Tranch&#xe9;e, et le U de Uhlans …. Ce ne sont l&#xe0; que des exemples ! Monsieur PETIT, lors d’une permission, avait apport&#xe9; une tente qui a servi aussi de lieu de jeux &#xe0; Suzanne et ses cousins ; ils y jouaient &#xe0; la ….guerre ! &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Elle revoit aussi le petit sac de toile que sa m&#xe8;re utilisait pour envoyer quelques victuailles &#xe0; son mari au front. &#xab; Un petit sac, car on ne trouvait pas grand-chose ! &#xbb;. L’&#xe9;tiquette d’exp&#xe9;dition &#xe9;tait &#xe9;crite &#xe0; la main avec &#xab; un crayon que l’on mouillait &#xbb;.&lt;br /&gt;Marguerite et Marie tricotaient des gants de laine (&#xab; des gants immenses, s&#xfb;rement pour des mains d’homme ! &#xbb;), ce qui leur rapportait quelques sous.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lors des premiers bombardements de la Grosse Bertha, la famille se terrait dans la cave, mais au fil du temps, cette pratique fut abandonn&#xe9;e : &#xab; c’&#xe9;tait aussi dangereux de se retrouver avec toute la maison sur la t&#xea;te ! &#xbb;. A Nogent, Suzanne, comme d’autres enfants, a ramass&#xe9; un d&#xe9;bris d’un obus venant de la Grosse Bertha ; les adultes les mettaient en garde : &#xab; attention, &#xe7;a br&#xfb;le ! &#xbb;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’&#xe9;criture change : dans les deux pr&#xe9;c&#xe9;dents carnets, elle est tr&#xe8;s soign&#xe9;e. Dans ce dernier, surtout quand Monsieur PETIT sent que le cours de la guerre change, que les boches perdent du terrain, que la situation politique en Allemagne m&#xea;me devient plus chaotique, l’&#xe9;criture se rel&#xe2;che. Les derni&#xe8;res lettres de nombreuses lignes se prolongent par un trait horizontal : expression de lassitude ? Envie d’en finir au plus vite ? Soulagement ? Il suit aussi beaucoup moins les lignes de son carnet, l’&#xe9;criture se fait plus rapide. Le cauchemar est en passe de se terminer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De grandes p&#xe9;riodes sans &#xe9;crits, ou peu comment&#xe9;es, correspondent &#xe0; des offensives : &lt;br /&gt;-	du 5 mai au 21 juin 1917, &#xab; peu de changements depuis l’offensive, qui malheureusement n’a pas r&#xe9;ussi. Il y a eu des combats &#xe9;pouvantables mais pas de r&#xe9;sultats&#xbb;.&lt;br /&gt;-	du 14 juillet au 15 ao&#xfb;t, puis au 4 octobre 1917 : quelques lignes sur l’utilisation de gaz asphyxiants et &#xab; l’ennui me prend et pendant plus d’un mois ce sont des journ&#xe9;es atroces. &#xbb;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En 1918, on a l’impression que les informations commencent &#xe0; mieux circuler, Monsieur PETIT donne davantage de pr&#xe9;cisions sur la position des anglais et de l’ennemi. &#xab; On commence &#xe0; avoir espoir que la fin de la guerre approche &#xbb;.&lt;br /&gt;A partir du 26 septembre, il entrevoit la victoire : &#xab; C’est dur, mais on avance &#xbb;, &#xab; chaque jour apporte de nouveaux succ&#xe8;s &#xbb;. &#xab; Enfin, depuis 4 ans, on met les pieds dans notre malheureux d&#xe9;partement. Nos parents doivent entendre le canon de la d&#xe9;livrance. Quelle joie si c’&#xe9;tait bient&#xf4;t. &#xbb; Il &#xe9;num&#xe8;re les villes et villages lib&#xe9;r&#xe9;s sur les diff&#xe9;rents fronts. Il nous apprend que le village de Renwez n’a &#xe9;t&#xe9; lib&#xe9;r&#xe9; que tout &#xe0; la fin de cette &#xe9;pouvantable guerre. &#xab; Apr&#xe8;s 4 ans pass&#xe9;s, mes parents sont d&#xe9;livr&#xe9;s. Ce n’est pas sans &#xe9;motion que j’ai lu ce communiqu&#xe9; du 10 novembre. Quand aurai-je de leurs nouvelles ? Je souhaite le plus vite possible, car, pour le dernier jour de cette maudite guerre, la bataille a &#xe9;t&#xe9; violente l&#xe0;. &#xbb;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il termine sa narration par ces phrases :&lt;br /&gt;&#xab; Le 11 novembre, 1561&#xe8;me jour de la guerre, marque la fin de ce terrible carnage qui n’a aucun pr&#xe9;c&#xe9;dent dans l’histoire.&lt;br /&gt;Les conditions de l’armistice impos&#xe9;es &#xe0; l’Allemagne sont formidables. Elles ne le sont pas trop pour un pays qui n’a jamais recul&#xe9; devant les moyens les plus barbares et les plus sauvages pour essayer d’&#xe9;craser la France.&lt;br /&gt;Pendant 4 ans pass&#xe9;s, nous avons souffert, mais nous avons tenu.&lt;br /&gt;L’heure de la vengeance a enfin sonn&#xe9;. &#xbb;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Suzanne, 96 ans, se revoit encore avec son petit drapeau tricolore en papier, elle criait avec les autres enfants &#xab; La guerre est finie ! &#xbb;. D’ailleurs voici un extrait du &#xab; Journal &#xbb; du mercredi 13 novembre 1918 (journal que m’ont confi&#xe9; Madeleine et Suzanne) : &#xab; La deuxi&#xe8;me journ&#xe9;e sans guerre &#xe0; Paris : (…) On vit de tout petits enfants qui s’en allaient gravement, serrant entre leurs bras d’immenses drapeaux. On vit flotter d’autres drapeaux, cravat&#xe9;s de deuil. Ceux qui les avaient arbor&#xe9;s avaient fait &#xe0; la victoire le sacrifice d’un &#xea;tre cher et ils affirmaient ainsi la m&#xe2;le joie qu’ils &#xe9;prouvaient &#xe0; travers leur immense douleur. &#xbb;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 02 Jan 2009 13:29:00 GMT</pubDate></item><item><title>Carnet 3 : 1917-1918</title><dc:creator>Jopo</dc:creator><link>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/01/12000782.html</link><category>Textes originaux de Monsieur Georges PETIT</category><comments>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/01/12000782.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://carnetdeguerre.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/12000782/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2009/01/01/12000782.html</guid><description>&lt;p&gt;Notes personnelles (suite) – 2&#xe8;me volume du 22 janvier 1917 &#xe0; la fin de la guerre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;22 janvier 1917	&lt;br /&gt;La H&#xe9;relle (Oise). Le froid redouble. On ose &#xe0; peine sortir. Chacun se demande o&#xf9; nous allons aller. On parle vaguement que l’&#xe9;tat-major va aux environs d’Epernay et qu’on y concentrera le r&#xe9;giment. Il court un tas de &#xab; d&#xe9;cisions &#xbb;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;jeudi 25 janvier	&lt;br /&gt;Nous recevons l’ordre d’embarquer &#xe0; Montdidier &#xe0; 10 h soir.&lt;br /&gt;La plupart des voitures ne roulent plus. On est oblig&#xe9; de les remorquer, et d’en venir chercher d’autres. Nous y partons &#xe0; 7 h du soir. Il fait un froid terrible ; les routes sont glissantes. A Montdidier, nous assistons &#xe0; la fin de l’embarquement de la section de munitions. Le train part. C’est &#xe0; notre tour &#xe0; embarquer. C’est assez difficile en raison des voitures immobilis&#xe9;es. Des taubes viennent vers 11 h du soir jeter des bombes, sans d&#xe9;g&#xe2;ts. Nous devons partir &#xe0; 2 h 28 ; on part vers 3 h &#xbc;. Par Creil, nous arrivons &#xe0; Pantin vers 9 h matin. L&#xe0; nous devons recevoir une destination nouvelle : d&#xe9;sillusion. Au lieu d’Epernay : c’est Neufch&#xe2;teau. Et l&#xe0;, on recevra de nouveaux ordres. O&#xf9; allons nous donc ?&lt;br /&gt;Le train est en panne vers Emerainville (Seine et Marne au sud de Torcy). Bielle cass&#xe9;e. (C’est cependant une 3 100). Une heure &#xbd; de retard. Install&#xe9;s en seconde avec Prato et Guillemeau, nous ne sommes pas trop mal. Vers 7 h du soir, halte repas &#xe0; Mesgrigny-M&#xe9;ry (Aube). Distribution de caf&#xe9; &#xe0; laquelle j’assiste. Il fait un froid ! Puis d&#xe9;part. Nouvelle halte repas &#xe0; Rimaucourt au nord est de Chaumont (apr&#xe8;s avoir pass&#xe9; &#xe0; Troyes, Maranville &#xe0; l’ouest de Chaumont). Pour ainsi dire impossibilit&#xe9; de dormir tellement il fait froid. A Liffol le Grand (sud est de Neufch&#xe2;teau), la machine n’a plus d’eau. On en fait venir une de Neufch&#xe2;teau. Arriv&#xe9;e &#xe0; 11 heures. Peu d’arr&#xea;t. On se ravitaille puis nous repartons pour Thaon (Vosges au nord d’Epinal) o&#xf9; nous devons d&#xe9;barquer. On passe &#xe0; Mirecourt ; pr&#xe8;s d’Epinal.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;27 janvier	&lt;br /&gt;On arrive &#xe0; Thaon vers 4 heures.&lt;br /&gt;Nous d&#xe9;barquons mais le cantonnement est &#xe0; environ 8 km. Ch&#xe2;tel-Nom&#xe9;ry. Nous y allons. La batterie arrive peu apr&#xe8;s. On est assez bien install&#xe9;. Pays agr&#xe9;able, sur la Moselle. Usines.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du 12 f&#xe9;vrier au 22 f&#xe9;vrier 1917	&lt;br /&gt;Je pars en permission le soir &#xe0; 5 h 40 (de Charmes).&lt;br /&gt;A Meaux, o&#xf9; j’arrive vers 5 h du matin, j’attends Marguerite, qui avec Suzanne et Madeleine arrivent &#xe0; 11 heures. Nous continuons vers Paris o&#xf9; nous sommes &#xe0; midi. D&#xe9;jeuner. Taxi jusque la Porte de Vincennes. Tramway jusqu’au Perreux o&#xf9; Marguerite va maintenant habiter. 7bis rue des Comenceaux, une petite villa que j’ai lou&#xe9;e et o&#xf9; Marie doit venir la rejoindre. D&#xe8;s mon arriv&#xe9;e, je vais &#xe0; la mairie afin d’y avoir du charbon, qui est tr&#xe8;s rare. Je cours partout et je trouve enfin du bois. On r&#xe9;ussit tant bien que mal &#xe0; se chauffer. Je trouve quelques boulets. Nous nous installons, mais la permission s’&#xe9;coule vite ; trop vite.&lt;br /&gt;Et le 21 f&#xe9;vrier, je reprends &#xe0; Nogent le train de 6 h &#xbd; soir, puis &#xe0; la gare de l’Est celui de 8 h soir qui me ram&#xe8;ne &#xe0; Nom&#xe9;ry le 22 f&#xe9;vrier &#xe0; 11 h du matin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche 18 mars	&lt;br /&gt;Des groupes embarquent &#xe0; la gare de Ch&#xe2;tel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 19	&lt;br /&gt;Nous envoyons un d&#xe9;tachement pr&#xe9;curseur vers Epernay dit-on.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mardi 20	&lt;br /&gt;A 9 h matin, coup de t&#xe9;l&#xe9;phone de se tenir pr&#xea;t. En effet, d&#xe9;part &#xe0; 11 h. Il fait un temps &#xe9;pouvantable : temp&#xea;te de neige. L’&#xe9;tape est assez courte ; par Charmes, Tantonville, V&#xe9;zelise. Nous allons coucher &#xe0; Selaincourt ( Meurthe-Moselle), petit pays r&#xe9;gion de Colombey les Belles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le lendemain, d&#xe9;part de bonne heure ; il fait froid. De nombreux convois de TU ( ?) se dirigent vers la Champagne. Incident en route : dans une descente, tracteur emball&#xe9;. Le canon tombe sur le dos. Pas d’accident. On passe &#xe0; Ligny en Barrois, joli pays. Nous cantonnons &#xe0; Stainville (Meuse).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le lendemain, d&#xe9;part. Route pittoresque. Par St Dizier nous gagnons Marolles (Marne – 3 km de Vitry le Fran&#xe7;ois). Partout des tombes, souvenirs de la bataille de la Marne. Nous avons 2 jours de repos en attendant la 3&#xe8;me &#xe9;tape qui doit &#xea;tre longue : 110 km dit-on.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;24 mars	&lt;br /&gt;D&#xe9;part &#xe0; 5 heures. Routes encombr&#xe9;es : par S&#xe9;zanne, Montmirail, nous prenons la route de Ch&#xe2;teau Thierry et cantonnons aux Coquerets (&#xe0; quelques km au sud de Ch&#xe2;teau Thierry).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche 25	&lt;br /&gt;D&#xe9;part &#xe0; 11 h du matin. On devait aller vers Soissons, mais il y a changement : nous repassons &#xe0; Montmirail et venons cantonner &#xe0; Moussy (6 km au sud d’Epernay).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 26	&lt;br /&gt;A 4 h du soir par une pluie battante nous partons : Epernay, Reims, Gueux o&#xf9; nous allons rester.&lt;br /&gt;Les troupes arrivent de tous c&#xf4;t&#xe9;s. Cela rappelle Nub&#xe9;court ( ?) au moment de l’attaque de Verdun. Embouteillages sur les routes, boue, pluie. Le tableau est complet.&lt;br /&gt;Le lendemain soir, nous prenons position entre Cauroy les Hermonville et Cormicy. Des renforts arrivent ; du mat&#xe9;riel en quantit&#xe9;.&lt;br /&gt;On attend l’attaque avec impatience, et l’espoir, que cela va &#xea;tre d&#xe9;cisif. Mais le mauvais temps persiste. Routes dans un triste &#xe9;tat. On tarde &#xe0; d&#xe9;clencher l’attaque.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 16 avril	&lt;br /&gt;Au matin, &#xe7;a y est. Sur la gauche (Berry au Bac) et sur la droite (Auberives, Prosnes).&#xc7;a marche assez bien, mais en face nous avons un morceau dur &#xe0; avaler : le fort de Brimont terrible adversaire. On prend Loivre, Courcy ; on approche du front, mais il se d&#xe9;fend avec acharnement. Le temps a &#xe9;t&#xe9; contre nous ; l’accalmie rena&#xee;t. Durera-t-elle longtemps ? Entre temps les boches ont bombard&#xe9; Reims d’une fa&#xe7;on abominable ; des incendies se d&#xe9;clarent. Le peu de civils qui y restent sont oblig&#xe9;s d’&#xe9;vacuer. Nous changeons d’emplacement d’&#xe9;chelon pour venir route de Bouleuse. 2 jours apr&#xe8;s on nous fait encore changer pour venir dans un bois sur le route de Reims &#xe0; Jonchery.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;5 mai	&lt;br /&gt;La chaleur commence et devient de plus en plus accablante.&lt;br /&gt;Je re&#xe7;ois une carte message de mon p&#xe8;re qui me dit qu’ils sont en bonne sant&#xe9;.&lt;br /&gt;Mme Duchesne rapatri&#xe9;e de Lonny me d&#xe9;peint sur une longue lettre la triste vie dans les r&#xe9;gions envahies.&lt;br /&gt;Peu de changements depuis l’offensive, qui malheureusement, n’a pas r&#xe9;ussi. Il y a eu des combats &#xe9;pouvantables mais pas de r&#xe9;sultats.&lt;br /&gt;A l’&#xe9;chelon les taubes viennent chaque nuit et bombardent la vall&#xe9;e de la Vesle (gares de Muizon, Jonchery, Prouilly, etc…).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;21 juin	&lt;br /&gt;Au soir nous quittons, et sommes relev&#xe9;s. Par Gueux, Ville en Tardenois, nous gagnons Vincelles o&#xf9; nous allons au repos (&#xe0; 2 km de Dormans). On y est assez bien install&#xe9;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 25 juin	&lt;br /&gt;Je pars &#xe0; midi en perm. de 24 h. Je fais une surprise en arrivant. Je passe ma journ&#xe9;e du mardi &#xe0; Nogent et en repars le mercredi par l’express de 8 h &#xe0; Paris. Ces heures ont pass&#xe9; trop vite. Le 24 mai, on a op&#xe9;r&#xe9; ma petite Madeleine. J’obtiens une permission de 4 jours.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du 2 au 13 juillet 1917	&lt;br /&gt;Je pars en permission de 7 jours. Le 4 mon fr&#xe8;re arrive. C’est la 1&#xe8;re fois que nous nous voyons depuis le d&#xe9;but de la guerre. C’est une grande joie de nous revoir. Ma permission s’&#xe9;coule plus vite encore que d’habitude.&lt;br /&gt;Je re&#xe7;ois avis que le groupe est parti pour la direction de Verdun. Cela m’ennuie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;vendredi 13 juillet	&lt;br /&gt;Je quitte, bien &#xe0; regret ma famille. A 8h je prends &#xe0; Paris l’express pour Bar le Duc o&#xf9; j’arrive &#xe0; 2h.&lt;br /&gt;D&#xe9;part pour (ou par ?) le Varnimot ( ?) &#xe0; 5 h &#xbd;. Je descends &#xe0; Ram&#xe9;court et me dirige sur Juvr&#xe9;court (&#xe0; l’est de Nancy) o&#xf9; devait &#xea;tre le groupe. L&#xe0; on m’apprend qu’il est &#xe0; Brabant en Argonne &#xe0; 8 km de l&#xe0;. Fatigu&#xe9;, je me couche dans une &#xe9;curie avec des fantassins.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;14 juillet	&lt;br /&gt;Je gagne ce village o&#xf9; je trouve l’&#xe9;chelon. On est &#xe0; 6 km des batteries. Village d&#xe9;moli. On est sous un hangar.&lt;br /&gt;Au bout de 4 jours, nous en partons pour venir nous installer dans une for&#xea;t, non loin d’Autrecourt (sud est de Ste Menehould), d’une part, et Waly, d’autre part.&lt;br /&gt;Le s&#xe9;jour y serait charmant, mais l’ennui me prend et pendant plus d’un mois ce sont des journ&#xe9;es atroces.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vers le 15 ao&#xfb;t	&lt;br /&gt;La batterie re&#xe7;oit des obus asphyxiants. Nous avons une trentaine d’&#xe9;vacu&#xe9;s. Ce sont des gaz qui br&#xfb;lent la peau. Quelques uns sont bien touch&#xe9;s. Les boches avaient essay&#xe9; par ce moyen d’emp&#xea;cher nos tirs d’artillerie en vue de la pr&#xe9;paration de l’attaque. Celle-ci a lieu quand m&#xea;me et r&#xe9;ussit : la cote 304 et le Morthomme (au nord ouest de Verdun-entre Verdun et Montfaucon) sont d&#xe9;gag&#xe9;s.&lt;br /&gt;De temps &#xe0; autre, la batterie re&#xe7;oit quelques marmitages s&#xe9;rieux qui ne blessent par bonheur personne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;4 octobre 1917	&lt;br /&gt;Rel&#xe8;ve de la batterie. Nous venons &#xe0; Valcourt, petit village &#xe0; 5 km de St Dizier (au Sud) o&#xf9; nous devons changer notre mat&#xe9;riel de 120 contre du 145 mm. Je vois Coutant et F&#xe9;dricq employ&#xe9;s &#xe0; Revigny (Meuse) en venant ici.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;du 15 au 27 octobre	&lt;br /&gt;Je pars en permission. Que ces 10 jours passent vite. Courses tous les jours &#xe0; Paris. Ma petite Madeleine est bien chang&#xe9;e. Elle se dresse seule dans son lit et jacasse toute la journ&#xe9;e.&lt;br /&gt;Suzanne est bien gentille. Depuis qu’elle va &#xe0; l’&#xe9;cole (le 1er octobre) elle a du go&#xfb;t pour apprendre.&lt;br /&gt;Malheureusement le d&#xe9;part arrive. Je rejoins le camp d’Halnicourt ( Hallignicourt) (&#xe0; 2 km de Valcourt). Les pi&#xe8;ces sont touch&#xe9;es. On apprend la d&#xe9;b&#xe2;cle en Italie. Que de bruits circulent ! D’autant plus qu’on y envoie des renforts.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;20 novembre	&lt;br /&gt;Au matin, d&#xe9;part. Il est question d’aller vers Lure o&#xf9; vient de partir le 2/84. Le 4/83 est parti il y a peu de jours &#xe0; Max&#xe9;ville. Temps affreux tout le long du voyage : froid, pluie.&lt;br /&gt;1&#xe8;re &#xe9;tape &#xe0; Bologne (Hte Marne au nord de Chaumont). Triste cantonnement. Des trains charg&#xe9;s d’anglais passent allant sans doute vers l’Italie. Le soir, dans une grange voisine, un tracteur prend feu. C’est la s&#xe9;rie, car &#xe0; Halnicourt ( Hallignicourt) peu de jours avant notre d&#xe9;part un camion a br&#xfb;l&#xe9; &#xe9;galement. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;21 novembre	&lt;br /&gt;2&#xe8;me &#xe9;tape Fays Billot, joli bourg. R&#xe9;ception cordiale. On y fabrique de la vannerie. Billets de logement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;22 novembre	&lt;br /&gt;Nous devons partir &#xe0; 7 h pour Roye (&#xe0; l’est de Lure) par Vesoul et Lure. Mais un ordre est arriv&#xe9; la nuit. Nous devons nous diriger vers St Nicolas de Port (Meurthe et Moselle &#xe0; l’est de Nancy). Est-ce un contrordre, une fausse manœuvre ou quoi ?&lt;br /&gt;Nous passons par Vitrey, Jussey et par une route accident&#xe9;e mais superbe l’&#xe9;t&#xe9;, longeant la Sa&#xf4;ne, nous arrivons &#xe0; Darney (Vosges au sud est de Vittel). Gros bourg o&#xf9; la r&#xe9;ception est tout &#xe0; fait cordiale.&lt;br /&gt;Nos pi&#xe8;ces ne nous ont pas suivi. En passant &#xe0; Corre (Hte Sa&#xf4;ne) l’une d’elle passe au travers du tablier d’un pont. Notre remorque se jette sur un arbre. Attelage cass&#xe9;. Enfin la guigne noire. La batterie ne peut nous rejoindre et travaille &#xe0; r&#xe9;tablir les d&#xe9;g&#xe2;ts. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;22 et 23 novembre	&lt;br /&gt;Nous cantonnons donc &#xe0; Darney. La batterie arrive le 23 au soir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;24	&lt;br /&gt;Nous partons et cantonnons &#xe0; Tantonville dans la brasserie. Salles chauff&#xe9;es, couchettes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;25	&lt;br /&gt;D&#xe9;part et arriv&#xe9;e &#xe0; St Nicolas. Mauvaise impression ; il pleut. On trouve &#xe0; peine &#xe0; se loger. Location d’un bureau.&lt;br /&gt;On doit rester l&#xe0; un moment.&lt;br /&gt;C’est la petite ville, mais sans int&#xe9;r&#xea;t. On s’y ennuie. D’ailleurs, c’est simple, je m’ennuie partout de me sentir si seul et voudrais &#xea;tre pr&#xe8;s de ma femme et de mes deux petites. Va-t-on y passer l’hiver ? On le dit.&lt;br /&gt;Cependant les officiers reconnaissent des positions. On dit que les boches, encourag&#xe9;s par la trahison russe, et l’armistice, massent des troupes sur notre front.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;11 d&#xe9;cembre	&lt;br /&gt;Les hommes vont travailler &#xe0; construire une position, pr&#xe8;s de Manonviller (est de Lun&#xe9;ville). Je reste quelques jours &#xe0; St Nicolas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;samedi 15 d&#xe9;cembre	&lt;br /&gt;D&#xe9;part des pi&#xe8;ces et du reste des hommes. Je m’installe &#xe0; Thi&#xe9;baum&#xe9;nil &#xe0; 3 km de la batterie.&lt;br /&gt;C’est un front bizarre. Pas de bruit de canon pour ainsi dire. Les villages pr&#xe8;s des lignes sont habit&#xe9;s. On construit une position magistrale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;21 d&#xe9;cembre	&lt;br /&gt;Nous d&#xe9;m&#xe9;nageons le bureau pour aller &#xe0; la ferme de Saulcy (entre Moncel et St Cl&#xe9;ment). &lt;br /&gt;La neige tombe, puis il g&#xe8;le. L’hiver se fait sentir rudement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;1918	&lt;/p&gt;&lt;p&gt;1918 – Le 4 janvier&lt;br /&gt;Je prends le train &#xe0; Lun&#xe9;ville pour aller passer 3 jours &#xe0; Nogent afin de r&#xe9;gler quelques affaires.&lt;br /&gt;Malheureusement, comme toutes les permissions, celle-ci se passe bien vite. Retour difficile ; neige, retard dans les trains.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;14 janvier	&lt;br /&gt;On quitte la position de Manonviller pour revenir &#xe0; Lun&#xe9;ville, caserne Stanislas.&lt;br /&gt;On y est assez bien cantonn&#xe9;, mais c’est la caserne : consignes assez rigoureuses. Ville triste surtout &#xe0; la tomb&#xe9;e de la nuit o&#xf9; on ne voit par ci par l&#xe0; que les &#xe9;clairs de lampes &#xe9;lectriques portatives.&lt;br /&gt;Des hommes s’en vont amorcer une position vers Remenoville.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;2 f&#xe9;vrier	&lt;br /&gt;D&#xe9;part pour Baccarat. Le cantonnement y est assez difficile. Le 1er jour on loge tant bien que mal. Mais le lendemain matin, la batterie allant construire sa position &#xe0; Reherrey (&#xe0; 6 km de l&#xe0; au nord de Baccarat) on s’installe un peu mieux. Le pays est assez plaisant et doit &#xea;tre pittoresque en &#xe9;t&#xe9;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du mardi 5 au mercredi 20 f&#xe9;vrier	&lt;br /&gt;Je pars en permission 10 jours. Je prends le train &#xe0; Lun&#xe9;ville. A Paris, plus de correspondance pour Nogent par suite du retard des trains. Je suis oblig&#xe9; d’y coucher et le lendemain matin je gagne Nogent.&lt;br /&gt;Plus que toutes, cette permission est pass&#xe9;e bien vite, et c’est avec bien du chagrin que le mercredi 20 f&#xe9;vrier, je reprends &#xe0; Paris l’express de 20 h pour rejoindre Lun&#xe9;ville, la batterie pendant mon absence ayant pris position &#xe0; Crillon. (Crion.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;jeudi 21	&lt;br /&gt;Arriv&#xe9;e &#xe0; Lun&#xe9;ville&#xe0; midi &#xbd;. J’y retrouve tout le monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 25	&lt;br /&gt;On quitte la position ; on doit retourner &#xe0; Manonviller. Soudain, contre ordre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mardi 26	&lt;br /&gt;Nous nous dirigeons vers Tantonville. L&#xe0;, pas de cantonnements. On nous envoie &#xe0; Ogn&#xe9;ville (1 700 m de V&#xe9;zelise), tout petit pays o&#xf9; on ne reste qu’1 ou 2 jours, le r&#xe9;giment devant, dit-on embarquer. Les percos courent : c’est la Champagne ; les Flandres, etc… On apprend au bout de 2 jours qu’il n’en est rien. Nous devons aller pr&#xe8;s de Neufch&#xe2;teau en r&#xe9;serve de la 1&#xe8;re arm&#xe9;e. Le d&#xe9;part est fix&#xe9;, puis, contre ordre d&#xfb; au mauvais temps. Quelques jours apr&#xe8;s, le d&#xe9;part est annonc&#xe9; &#xe0; nouveau ; puis, contre ordre d&#xfb; &#xe0; l’&#xe9;tat des routes et aux encombrements caus&#xe9;s par les mouvements de troupe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;nuit du 8 au 9 mars	&lt;br /&gt;Les gothas vont sur Paris. Puis ils reviennent de temps &#xe0; autre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 11 mars	&lt;br /&gt;Nous quittons Ogn&#xe9;ville pour venir cantonner &#xe0; Fr&#xe9;b&#xe9;court (Vosges) &#xe0; 5km de Neufch&#xe2;teau.&lt;br /&gt;Le cantonnement y est assez bien. Le s&#xe9;jour est agr&#xe9;able (paysage charmant ; vall&#xe9;e de la Meuse).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche 17	&lt;br /&gt;Je vais &#xe0; Domr&#xe9;my (5 km de l&#xe0;). J’y visite la basilique et la maison de Jeanne d’Arc.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;samedi 23 mars	&lt;br /&gt;A 7 h du matin, je prends le train &#xe0; Fr&#xe9;b&#xe9;court ; je pars pour une perm. de 3 jours &#xe0; Nogent o&#xf9; Marguerite est souffrante.&lt;br /&gt;Arriv&#xe9;e &#xe0; Paris vers 4 heures. Devant la gare de l’Est, foule. On me dit que des gothas venus le matin ont lanc&#xe9; des bombes. Le m&#xe9;tro, les trams, rien ne marche. Je vais &#xe0; pied &#xe0; la gare de la Bastille. Place de la R&#xe9;publique, d&#xe9;bris de verre : des bombes y sont tomb&#xe9;es.&lt;br /&gt;J’attends &#xe0; la gare et je n’arrive que vers 6 heures &#xbd; causant bien entendu une agr&#xe9;able surprise.&lt;br /&gt;Le soir, nous apprenons qu’il s’agit d’obus lanc&#xe9;s par une pi&#xe8;ce &#xe0; longue port&#xe9;e (du 210).&lt;br /&gt;Vers 10 h, alerte. Des gothas sont signal&#xe9;s, tirs de barrage. A minuit fin de l’alerte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche 24	&lt;br /&gt;La pi&#xe8;ce tire de &#xbc; d’heure en &#xbc; d’heure ; le lundi, r&#xe9;p&#xe9;titions.&lt;br /&gt;Le mercredi apr&#xe8;s-midi, une carte m’avertit que la batterie est partie de Fr&#xe9;b&#xe9;court et cantonne &#xe0; Courtisols (Marne – pr&#xe8;s de Ch&#xe2;lons).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;jeudi matin 28	&lt;br /&gt;Je reprends &#xe0; Paris l’express de 8 h matin. Je descends en gare de Ch&#xe2;lons. Les gothas venus l’avant-veille ont d&#xe9;moli le toit vitr&#xe9; ; la gare de marchandises ; une partie des &#xe9;tablissements Mielle, et en ville presque des rues enti&#xe8;res.&lt;br /&gt;Me renseignant &#xe0; la gare sur mon unit&#xe9;, on me dit : centre de ralliement, Is sur Tille. J’&#xe9;tais bien ennuy&#xe9;, me doutant qu’ils allaient plut&#xf4;t vers la Somme, car le 22 mars, les boches, fon&#xe7;ant sur les anglais, les forcent &#xe0; reculer, et reprennent le terrain reconquis par nous en juillet 1916 avec tant de peine (Montdidier, Chaulnes, Nesles, Curlu, Ham, etc, etc…).&lt;br /&gt;Je sors donc dans Ch&#xe2;lons me demandant o&#xf9; aller, lorsque dans la rue, un homme du 85&#xe8;me me dit que le groupe va passer incessamment au pont.&lt;br /&gt;En effet, passe le 3&#xe8;me groupe. On me dit que le 2&#xe8;me est arr&#xea;t&#xe9; &#xe0; l’entr&#xe9;e de Ch&#xe2;lons. J’en suis bien heureux, car o&#xf9; les rencontrer ? (Courir pourtant n’est pas agr&#xe9;able). En effet, je les trouve &#xe0; l’entr&#xe9;e de Ch&#xe2;lons. Avec quel plaisir, je mange vite un morceau, car la colonne va bient&#xf4;t repartir. &lt;br /&gt;A 1 heure on d&#xe9;marre, travers&#xe9;e de Ch&#xe2;lons ; maisons d&#xe9;molies. Ville triste. Les habitants s’en vont. Nous cantonnons &#xe0; F&#xe8;re-Champenoise, assez joli pays. Je couche chez Mme Nauthus (?) qui tenait un magasin de vin &#xe0; Rimogne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;vendredi matin	&lt;br /&gt;D&#xe9;part. Par Connantre, S&#xe9;zanne, Esternay, Montmirail, nous arrivons &#xe0; Nesles la Montagne (&#xe0; 4 km de Ch&#xe2;teau-Thierry). On cantonne dans des fermes o&#xf9; on arrive vers 7 h du soir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;samedi	&lt;br /&gt;A 9 h, d&#xe9;part. Par Ch&#xe2;teau-Thierry, Viels Maisons, Lizy sur Ourcq (je passe &#xe0; 3 km d’Etrepilly), Mareuil sur Ourcq. On vient cantonner &#xe0; Betz (Oise sud ouest de la Fert&#xe9;-Milon).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche 31 mars	&lt;br /&gt;Jour de P&#xe2;ques, d&#xe9;part &#xe0; midi pour venir bivouaquer &#xe0; l’entr&#xe9;e de Compi&#xe8;gne, dans la for&#xea;t. La ville est &#xe9;vacu&#xe9;e, soumise journellement aux bombardements des avions et m&#xea;me des pi&#xe8;ces &#xe0; longue port&#xe9;e. Nous couchons dans la for&#xea;t. Le matin vers 5h des avions boches survolent la ville.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lundi 1er avril	&lt;br /&gt;A 1 heure, d&#xe9;part. On passe &#xe0; Clermont et nous arrivons &#xe0; 8 h du soir &#xe0; Noyers St Martin (Oise).&lt;br /&gt;Des troupes arrivent de partout.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;3 avril	&lt;br /&gt;On monte en position dans le village de La H&#xe9;relle o&#xf9; nous avions cantonn&#xe9; l’an dernier au sortir de la Somme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;7 avril	&lt;br /&gt;Nous quittons le village de Noyers pour installer l’&#xe9;chelon &#xe0; la ferme de Gouy &#xe0; 21,500 ( ?) de l&#xe0;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;8	&lt;br /&gt;Au matin, on apprend que dans la nuit, une pi&#xe8;ce de la 4&#xe8;me Cie a &#xe9;clat&#xe9; : pas de victimes, heureusement.&lt;br /&gt;dimanche 7	Au soir, une trentaine d’obus de 133 sur La H&#xe9;relle. Pas de d&#xe9;g&#xe2;ts. Les boches sont non loin d’Amiens (vers Villers Bretonneux). Le mauvais temps continue.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mercredi 10 avril	&lt;br /&gt;Nous avan&#xe7;ons l’&#xe9;chelon &#xe0; la ferme de Morvillers (&#xe0; 2 km d’Ansauvillers). Le beau temps a l’air de vouloir prendre. Quelques coups de main. Activit&#xe9; de l’artillerie de part et d’autre.&lt;br /&gt;La 2&#xe8;me section monte en position pr&#xe8;s d’une ferme &#xe0; 1200 m de La H&#xe9;relle.&lt;br /&gt;La 1&#xe8;re section avance non loin du village de Plainville. Marmitages fr&#xe9;quents.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vers le 15 mai	&lt;br /&gt;La chaleur prend fortement.&lt;br /&gt;De l’artillerie arrive encore dans le secteur. Va-t-on attaquer ? On en cause.&lt;br /&gt;Mais, le 27, on apprend que les boches ayant d&#xe9;clench&#xe9; une attaque formidable entre Soissons et Reims ont r&#xe9;ussi &#xe0; percer le front et avancent. On dit que Cormicy et cette r&#xe9;gion o&#xf9; nous &#xe9;tions en batterie l’an dernier sont pris.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;28 mai	&lt;br /&gt;Ordre de partir. A 6 heures du soir, la batterie s’&#xe9;tant rassembl&#xe9;e &#xe0; la ferme de Morvillers dans l’apr&#xe8;s-midi, nous partons.&lt;br /&gt;Peu apr&#xe8;s Clermont, ordre de bivouaquer sur le bord de la route. La nuit, les avions bombardent les gares et pays environnants.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mercredi 29	&lt;br /&gt;A 6 h du matin, d&#xe9;part : par Creil, Senlis, nous gagnons Betz o&#xf9; on doit cantonner. Mais vers 4 h ordre de partir de suite. Cela n’&#xe9;tonne pas, car les journaux annoncent que les boches ont pris Fismes, Bazoches, Ville en Tardenois, etc…Il y a contre ordre. Mais on reste sur le qui-vive.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;jeudi 30	&lt;br /&gt;A 6 h, nous prenons la direction de Ch&#xe2;teau-Thierry.&lt;br /&gt;Mais peu apr&#xe8;s Mareuil sur Ourcq, le camion bureau a une panne assez longue. Pendant ce temps, la batterie avance et nous ne parvenons pas &#xe0; la rattraper. En arrivant &#xe0; Ch&#xe2;teau-Thierry, fum&#xe9;es noires derri&#xe8;re la ville. Nous apprenons par la suite que c’est le parc d’aviation que l’on br&#xfb;le. A Ch&#xe2;teau, plus de civils. Par contre, circulation tr&#xe8;s difficile. Camions dans tous sens, press&#xe9;s de passer. A grand peine, nous traversons le pont sur la Marne.&lt;br /&gt;Vers la gare, malgr&#xe9; le motocycliste qui nous dit que la batterie est vers Cr&#xe9;zancy, la commission auto nous donne l’ordre de nous diriger sur Montmirail. Nous savons pourquoi apr&#xe8;s : les boches essayaient &#xe0; ce moment de passer la Marne &#xe0; M&#xe9;zy, &#xe0; 2 km en face.&lt;br /&gt;Des civils se sauvent en masse. Nous sommes bloqu&#xe9;s 1 heure sur le pont au dessus de la gare de Ch&#xe2;teau o&#xf9; les derni&#xe8;res machines et les derniers wagons sont attach&#xe9;s en h&#xe2;te et filent vers Paris.&lt;br /&gt;Le 40&#xe8;me d’artillerie passe ventre &#xe0; terre pour mettre en batterie. On &#xe9;prouve un moment d’angoisse car on sent que le boche n’est pas loin. La route se d&#xe9;gage avec peine. Les voitures de toutes sortes marchent sur 3 rangs. Des ambulances charg&#xe9;es de bless&#xe9;s essaient de se faufiler.&lt;br /&gt;Jusque Montmirail, il en est ainsi. L&#xe0; pas de nouvelles du groupe. Ne sachant o&#xf9; aller, je suis le 3&#xe8;me groupe qui va &#xe0; Orbais. L&#xe0; on apprend que le 2&#xe8;me est &#xe0; Cond&#xe9; en Brie. Mais on y va, et il en est parti pour Igny le Jard. Nous bivouaquons en pleins champs. La batterie arrive dans la nuit et prend position aussit&#xf4;t, car les boches essaient de passer la Marne. On fait sauter les ponts. Enfin au bout de quelques jours, les boches r&#xe9;ussissent &#xe0; prendre dans Ch&#xe2;teau-Thierry, la rive droite.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;vers le 8 juin	&lt;br /&gt;Voyant sans doute qu’ils ne peuvent plus rien par ici, ils attaquent entre Montdidier et Noyon o&#xf9; ils n’avancent que peu. Puis vers la for&#xea;t de Villers C&#xf4;tterets.&lt;br /&gt;Vers le 1er juin, je vois Fernand Thierry dont la division s’installe &#xe0; Igny. Mais 2 jours apr&#xe8;s, ils partent.&lt;br /&gt;On est longtemps sans nouvelles. A Nogent, inqui&#xe9;tude tr&#xe8;s vive. Marguerite me demande s’il faut partir. Une sorte de panique r&#xe8;gne l&#xe0;-bas.&lt;br /&gt;Ici, beaucoup de malades et &#xe9;vacu&#xe9;s. Fi&#xe8;vre, courbatures.&lt;br /&gt;Echelons, for&#xea;t d’Igny le Jard.&lt;br /&gt;Chaque jour on se demande ce que vont faire les boches.&lt;br /&gt;Mis en batterie &#xe0; Festigny. Bombardement du PC du groupe (for&#xea;t de Nesles le Repont). Un soir, une section vient mettre en position dans la for&#xea;t d’Igny le Jard. On a appris par un prisonnier que les boches cherchent &#xe0; passer la Marne. Aussi, on est alert&#xe9; presque chaque jour. La 2&#xe8;me section vient rejoindre la 1&#xe8;re.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;9 juillet	&lt;br /&gt;Je pars en permission. Marguerite a &#xe9;t&#xe9; tr&#xe8;s malade. Je la trouve au lit, mais avec beaucoup de mieux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;nuit du 14 au 15 juillet	&lt;br /&gt;On entend de Nogent un violent bombardement et on voit vers le front les lueurs des canons. Le lendemain on apprend que les boches ont attaqu&#xe9; sur un front de 80 km de Ch&#xe2;teau-Thierry &#xe0; l’Argonne. Sur l’arm&#xe9;e de Champagne, ils n’ont pu rien faire que de se briser. Entre l’Aisne et Marne, vers Villers-Cotterets il en est de m&#xea;me. Mais entre Ch&#xe2;teau et Dormans, les boches traversent la Marne et occupent Courthi&#xe9;zy, Dormans, La Chapelle Monthodon, St Agnan, etc… Ils viennent &#xe0; Nesles le Repont, Festigny. Puis ils s’&#xe9;largissent en direction d’Epernay jusque Montvoisin (?). Leur but &#xe9;tait de prendre Ch&#xe2;lons, Epernay, et de ce fait Reims, et marcher sur Paris.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;18 juillet	&lt;br /&gt;Mais, on les arr&#xea;te et vers le 18, on contre attaque. Les boches reculent, repassent la Marne. Petit &#xe0; petit se d&#xe9;gage la r&#xe9;gion de Ch&#xe2;teau-Thierry, Dormans.&lt;br /&gt;Malheureusement le 18, le Lieutenant Fabiani est tu&#xe9; pr&#xe8;s de l’&#xe9;tang d’Igny le Jard d’un &#xe9;clat d’obus. L’aspirant Chassen (?) bless&#xe9; gri&#xe8;vement &#xe0; la jambe subit l’amputation et meurt aussit&#xf4;t.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;21 juillet	&lt;br /&gt;Peu &#xe0; peu nos troupes retraversent la Marne. On parle que nous devons &#xe9;galement le faire, quand le 21 juillet, notre batterie est d&#xe9;sign&#xe9;e pour aller dans la Montagne de Reims &#xe0; la disposition du 1&#xe8;re CC.&lt;br /&gt;Mise en batterie &#xe0; Craon (Cran-de Ludes) de Ludes dans la for&#xea;t (Montagne de Reims). Site merveilleux. Echelon dans une ferme &#xe0; Fontaine sur Ay (2km d’Avenay).&lt;br /&gt;Des bruits de dissolution du groupe circulent. La 4&#xe8;me batterie a vers&#xe9; ses pi&#xe8;ces, us&#xe9;es.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En effet vers le 12 ou 13 ao&#xfb;t, la 3&#xe8;me batterie est rattach&#xe9;e au 4&#xe8;me groupe. La 4&#xe8;me est d&#xe9;sign&#xe9;e pour aller &#xe0; Vincennes former une batterie du 90&#xe8;me Commt. Quelle d&#xe9;sillusion pour nous tous et surtout pour moi pour qui un s&#xe9;jour &#xe0; Vincennes aurait &#xe9;t&#xe9; si agr&#xe9;able. Enfin, il n’y a rien &#xe0; faire.&lt;br /&gt;Par bonheur, la position est assez bonne. On n’a que 2 pi&#xe8;ces. Donc, peu de tirs. La r&#xe9;gion est assez agr&#xe9;able. On souhaite y rester jusqu’&#xe0; la mauvaise saison.&lt;br /&gt;L’offensive commenc&#xe9;e le 18 juillet se poursuit. Les anglais ayant en m&#xea;me temps attaqu&#xe9; sur leur front reprennent la r&#xe9;gion entre Amiens et P&#xe9;ronne, puis P&#xe9;ronne et avancent au-del&#xe0;.&lt;br /&gt;De notre c&#xf4;t&#xe9;, prise de Noyon, de Soissons, continuation de l’avance pour l’arriv&#xe9;e sur Anzin, prise de Ham, Chauny, Tergnier. On commence &#xe0; avoir espoir que la fin de la guerre approche.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;18 septembre	&lt;br /&gt;Rel&#xe8;ve de la batterie qui descend &#xe0; l’&#xe9;chelon &#xe0; Fontaine sur Ay.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;19 septembre soir	&lt;br /&gt;Nous partons pour la Champagne. Point de direction : Tilloy-Bellay (route de Ch&#xe2;lons &#xe0; Ste Menehould).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;20 septembre	&lt;br /&gt;Au matin, je vois le vaguemestre du 259&#xe8;me d’artillerie. Mon fr&#xe8;re est &#xe0; 8 km environ, au camp des normands un peu plus loin que St R&#xe9;my-Bussy (route de Somme-Suippe). J’y vais l’apr&#xe8;s-midi et je passe quelques heures aupr&#xe8;s de lui.&lt;br /&gt;Le soir, occupation de la position entre Wargemoulin et Minaucourt. Concentration formidable d’artillerie de tous calibres. On s’attend &#xe0; attaquer. Les routes sont sillonn&#xe9;es de convois.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;22 au soir	&lt;br /&gt;Nous quittons Tilloy pour aller bivouaquer sur la grande route entre Auve et Gizaucourt. On est bien mal. De la poussi&#xe8;re, puis de la pluie.&lt;br /&gt;On s’attend chaque jour &#xe0; l’attaque.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;nuit du 25 au26 septembre	&lt;br /&gt;Enfin dans la nuit &#xe0; 11 h du soir, d&#xe9;clenchement d’un tir d’artillerie &#xe9;pouvantable. La terre tremble. C’est un vacarme indescriptible. A 5 h du matin, l’infanterie sort mais le canon grondera sans arr&#xea;t toute la journ&#xe9;e.&lt;br /&gt;Dans l’apr&#xe8;s-midi on apprend que &#xe7;a marche. C’est dur, mais on avance : prise de la main de Massiges, de Tahure. A droite, les am&#xe9;ricains prennent Montfaucon, Varennes. Chaque jour apporte de nouveaux succ&#xe8;s. Malgr&#xe9; les d&#xe9;fenses formidables accumul&#xe9;es par l’ennemi depuis 4 ans, on avance.&lt;br /&gt;Prise de Sommepy, Gratreuil, Fontaine en Dormois, Tahure, Ripont, Rouvroy.&lt;br /&gt;Le lendemain, on entre dans les Ardennes : prise d’Aure, Manre.&lt;br /&gt;Enfin, depuis 4 ans, on met les pieds dans notre malheureux d&#xe9;partement. Nos parents doivent entendre le canon de la d&#xe9;livrance. Quelle joie si c’&#xe9;tait bient&#xf4;t. Petit &#xe0; petit, les gains s’accroissent : Ardeuil, S&#xe9;chault, Bouconville. Les am&#xe9;ricains poussent jusque Brieulles sur Meuse, prennent Apremont, Exermont.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;3 octobre	&lt;br /&gt;On apprend la prise de St Quentin par les anglais.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;30 septembre	&lt;br /&gt;Nous quittons la route de Ste Menehould pour aller en avant, bivouaquer &#xe0; Hans.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;2 octobre	&lt;br /&gt;Les pi&#xe8;ces descendent de la position, et le 3 au soir, nous partons &#xe0; Coole (non loin du camp de Mailly). Triste pays. Mauvais cantonnements.&lt;br /&gt;Les percos commencent &#xe0; circuler : on parle de l’Italie ou de l’Est.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche 6 octobre	&lt;br /&gt;Brusquement, &#xe0; 1 h &#xbd; apr&#xe8;s-midi, ordre de partir imm&#xe9;diatement pour Vitry, Ch&#xe2;lons, les Grandes Loges, Septsaulx. Nous arrivons pr&#xe8;s de Prosnes dans un terrain boulevers&#xe9; par les obus. Le journal du jour nous avait appris la prise d’Auberive, Vaudericourt, Dontrien, puis l’&#xe9;vacuation par les boches, des &#xab; monts &#xbb; (massif de Moronvilliers, forts de Nogent l’Abbesse, de Berru). Reims d&#xe9;gag&#xe9; et un recul des boches sur un front de 35 km de Bermericourt &#xe0; Betheniville.&lt;br /&gt;Enfin l’Allemagne, l’Autriche et la Turquie offrent l’armistice, la Bulgarie ayant depuis 8 jours d&#xe9;pos&#xe9; les armes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;7 octobre	&lt;br /&gt;Mise en batterie pr&#xe8;s de Pontfaverger. Prise de St Etienne &#xe0; Arnes, Isles sur Suippe, Boult sur Suippe.&lt;br /&gt;La ligne allemande &#xab; Hindenburg &#xbb; craque de toutes parts et est enfonc&#xe9;e.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;10 octobre	&lt;br /&gt;Prise de Cambrai. 15 000 prisonniers. Quelques heures apr&#xe8;s l’entr&#xe9;e des anglais dans la ville, des explosions un peu partout et des incendies. Ce sont les machines infernales laiss&#xe9;es par les boches.&lt;br /&gt;Chaque jour de nouveaux pays sont d&#xe9;livr&#xe9;s. Sur la rive droite de la Meuse, les am&#xe9;ricains avancent. Prise de Liry, Monthois, Challerange, Grandpr&#xe9;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;12 Octobre	&lt;br /&gt;Les fran&#xe7;ais entrent dans Vouziers. Prise d’Asfeld, Vieux les Asfeld. Laon commence &#xe0; se d&#xe9;gager.&lt;br /&gt;Les boches r&#xe9;pondent &#xe0; Wilson qu’ils acceptent ses conditions, mais demandent une commission pour r&#xe9;gler l’&#xe9;vacuation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;13 octobre	&lt;br /&gt;Prise de Laon (arm&#xe9;e Mangin)- On y trouve 6 500 civils - et de La F&#xe8;re.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;15 octobre	&lt;br /&gt;D&#xe9;part de l’&#xe9;chelon (&#xab; la plaine &#xbb;), pour revenir cantonner &#xe0; Coole, ce si vilain pays o&#xf9; on ne trouve pas &#xe0; s’installer. Il fait froid &#xe0; travailler dehors.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;18 octobre	&lt;br /&gt;8 h, on apprend la prise de Lille, Douai, Ostende et Bruges.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;19	&lt;br /&gt;Celle de Roubaix, Tourcoing, Wassigny.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;20	&lt;br /&gt;Les belges occupent Zeebruge, base de sous-marins boches. Prise de Denain.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;21	&lt;br /&gt;On est &#xe0; 5 km de Valenciennes, 3 de Tournai et 10 de Gand.&lt;br /&gt;Vers les Ardennes, la lutte devient &#xe2;pre et dure. On avance tr&#xe8;s peu.&lt;br /&gt;Je re&#xe7;ois une lettre de Balba, soldat lorrain, qui a cantonn&#xe9; &#xe0; Lonny, et qui, ayant d&#xe9;sert&#xe9; et pass&#xe9; en France, me donne des nouvelles de mon p&#xe8;re et de la vie &#xe0; Lonny. A sa lettre est joint un petit carton portant &#xe9;crit de la main de mon p&#xe8;re l’adresse de Mme Boutte. L’impression de joie que m’a fait ce carton est indescriptible : plus de 4 ans que je n’ai pas revu son &#xe9;criture.&lt;br /&gt;Je lis avec peine les d&#xe9;tails sur la triste vie que l’on m&#xe8;ne dans les pays envahis.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;samedi 26 octobre	&lt;br /&gt;A 7 h &#xbd; soir, d&#xe9;part de Coole. Par Ch&#xe2;lons et St Etienne au Temple, on arrive au camp de Montivet pr&#xe8;s de Suippes o&#xf9; on bivouaque.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dimanche soir 27	&lt;br /&gt;8 h d&#xe9;part. Par Souain, Sommepy, ferme de M&#xe9;d&#xe9;ah, on arrive vers 3 h du matin au lieu-dit &#xab; Busy &#xbb; en plein bled au bord de la route de Suippes &#xe0; Vouziers.&lt;br /&gt;Je revois avec tristesse, les ruines de Souain, d&#xe9;j&#xe0; vues en 1915.&lt;br /&gt;La travers&#xe9;e des lignes boches fait peine &#xe0; voir. C’est un bouleversement, une suite de tremblements de terre. Un chaos innommable. Les arbres qui bordent la route sont ras&#xe9;s par les obus ; des cimeti&#xe8;res dans les champs. Par endroits, les boches ont fait exploser des mines sur la route ce qui fait que l’on est oblig&#xe9; de se d&#xe9;tourner pour passer.&lt;br /&gt;La route est assez bonne.&lt;br /&gt;A Sommepy, il ne reste plus rien ; on voit les vestiges d’un passage &#xe0; niveau, mais plus de gare. A un endroit, nous sommes oblig&#xe9;s de quitter la grande route et de faire un coude par Semide, car les boches ont fait sauter un pont au-dessus d’une ligne de chemin de fer &#xe0; voie normale qu’ils ont &#xe9;tablie et les travaux de reconstruction ne sont pas encore termin&#xe9;s.&lt;br /&gt;On arrive &#xe0; Semide par une forte descente. Pays &#xe0; peu pr&#xe8;s d&#xe9;moli par nos avions. C’est une infection ; une puanteur.&lt;br /&gt;A la sortie du village, un camp de prisonniers fran&#xe7;ais. &lt;br /&gt;Les boches avaient construit la grande gare. Partout du reste, des lignes de chemin de fer longent ou traversent les routes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;28 octobre	&lt;br /&gt;Des avions boches lancent des proclamations o&#xf9; le peuple allemand demande la paix, en c&#xe9;dant aux desiderata de Wilson.&lt;br /&gt;Le soir on apprend que l’Autriche demande la paix s&#xe9;par&#xe9;e.&lt;br /&gt;Petit &#xe0; petit, nous gagnons du terrain, sauf en face o&#xf9; c’est dur, mais d’ici quelques jours, il y aura peut-&#xea;tre du changement. On se met en batterie &#xe0; Coulommes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;1er novembre	&lt;br /&gt;Vers 3 h du matin, d&#xe9;clenchement d’une intense pr&#xe9;paration d’artillerie entre Vouziers et Attigny. Prise de Rilly aux Oies, Semuy et Voncq, Falaise et Primat. Les am&#xe9;ricains prennent Landres St Georges, Im&#xe9;court, Landreville, Bayonville, Remonville, Andevanne, Clery le Grand.&lt;br /&gt;Dans le nord, prise d’Audenarde (Belgique).&lt;br /&gt;La Turquie signe l’armistice.&lt;br /&gt;R&#xe9;volution en Autriche&lt;br /&gt;Les Italiens battent les Autrichiens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;2 novembre	&lt;br /&gt;Prise de Valenciennes.&lt;br /&gt;En Champagne, prise de Semuy, Quatre-Champs, La Croix aux Bois, Ballay, Longw&#xe9;.&lt;br /&gt;Les Am&#xe9;ricains prennent Champigneulles, Beffu le Morthomme, Verpel, Sivry les Buzancy, Thenorgues, Briquenay, Buzancy, Villers dt Dun, et Cl&#xe9;ry petit, mena&#xe7;ant la trou&#xe9;e de Stenay.&lt;br /&gt;Les Italiens d&#xe9;nombrent plus de 1600 canons et plus de 80 000 prisonniers.&lt;br /&gt;L’Autriche demande l’armistice.&lt;br /&gt;Bruits d’abdication du Kaiser.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;4 novembre	&lt;br /&gt;L’Autriche ayant accept&#xe9; l’armistice, les hostilit&#xe9;s sont suspendues sur le front italien.&lt;br /&gt;Bilan de l’arm&#xe9;e italienne : 300 000 prisonniers et 5 000 canons captur&#xe9;s.&lt;br /&gt;Les conditions de l’armistice sont dures. Elles comportent entre autres la libre disposition par les alliers des chemins de fer autrichiens ce qui va permettre l’invasion de l’Allemagne par la Bavi&#xe8;re.&lt;br /&gt;Les fran&#xe7;ais et anglais attaquent sur plus de 40 km, prennent Landrecies et encerclent Le Quesnoy. 13 000 prisonniers, 200 canons.&lt;br /&gt;Sur le front d’Argonne nous occupons la rive sud du canal des Ardennes entre Semuy et Le Chesne. L’ennemi r&#xe9;siste vigoureusement sur la rive nord.&lt;br /&gt;Les Am&#xe9;ricains prennent La Neuville en face Stenay, Les Grandes Armoises, et tiennent la ligne Sedan-Longuyon-Conflans sous leurs feux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;5 novembre	&lt;br /&gt;Prise de Le Quesnoy, Guise, Ch&#xe2;teau-Porcien, Dun.&lt;br /&gt;L’ennemi bat en retraite de la Sambre &#xe0; l’Argonne.&lt;br /&gt;La 1&#xe8;re arm&#xe9;e (Gal Deberrey) fait 4 000 prisonniers et prend 60 canons.&lt;br /&gt;Prise d’Herpy, Cond&#xe9; les Herpy, Montgon, Le Chesne, Louvergny, Sauville.&lt;br /&gt;Les Am&#xe9;ricains traversent la Meuse &#xe0; Dun, prennent Liny dt Dun, Milly, Beaumont, L&#xe9;tanne.&lt;br /&gt;A Beaumont, 500 civils fran&#xe7;ais.&lt;br /&gt;La ligne de Sedan-Metz est &#xe0; certains endroits &#xe0; 8 km d’eux.&lt;br /&gt;Prise de Yoncq, La Besace, Stonne.&lt;br /&gt;Prise de 51 canons soit plus de 150 depuis le 1er novembre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;6 novembre	&lt;br /&gt;Les boches &#xab; d&#xe9;collent &#xbb; de Rethel &#xe0; Attigny et battent en retraite. Inondations au dessus de Vouziers.&lt;br /&gt;La batterie qui devait prendre position au-del&#xe0; de Vouziers descend &#xe0; l’&#xe9;chelon.&lt;br /&gt;On annonce que des parlementaires allemands vont traverser nos lignes pour venir prendre connaissance de l’armistice pr&#xe9;par&#xe9; par les Alli&#xe9;s.&lt;br /&gt;En attendant, nos troupes poursuivent les boches.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;7 novembre	&lt;br /&gt;Prise de La Capelle.&lt;br /&gt;En face, nous tenons la ligne Signy l’Abbaye-Wagnon-Viel St R&#xe9;my-Mazerny-La Horgne avan&#xe7;ant de plus de 16 km au nord de l’Aisne.&lt;br /&gt;Dans la vall&#xe9;e de la Bar, nos &#xe9;l&#xe9;ments avanc&#xe9;s d&#xe9;passent St Aignan s/Bar et prennent pied au sud de la Meuse sur les hauteurs qui dominent Sedan.&lt;br /&gt;Les Anglais avancent toujours.&lt;br /&gt;Les Am&#xe9;ricains prennent la partie de Sedan situ&#xe9;e rive ouest de la Meuse.&lt;br /&gt;Les pl&#xe9;nipotentiaires boches traversent les lignes et se rendent au QG du Mar&#xe9;chal Foch.&lt;br /&gt;La r&#xe9;volution se soul&#xe8;ve en Allemagne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;8 novembre soir	&lt;br /&gt;D&#xe9;part de l’&#xe9;chelon (Bussy) pour venir cantonner &#xe0; Dampierre au Temple, puis St Hilaire au Temple. Nuit noire ; pluie. Nous retraversons les anciennes lignes par Sommepy et Souain.&lt;br /&gt;Foch signifie aux parlementaires les conditions de l’armistice et leur donne 72 heures pour accepter.&lt;br /&gt;La R&#xe9;publique est proclam&#xe9;e en Bavi&#xe8;re.&lt;br /&gt;Les socialistes allemands demandent et exigent l’abdication du Kaiser.&lt;br /&gt;La marine allemande se r&#xe9;volte. Le prince Henri fr&#xe8;re du Kaiser prend la fuite.&lt;br /&gt;Prises d’Avesnes, Hautmont. On atteint Liart-Singly-Fr&#xe9;nois et le faubourg de Sedan-ligne entre Origny et Liart. Nous prenons la Meuse de M&#xe9;zi&#xe8;res &#xe0; Bazeilles.&lt;br /&gt;L’ennemi abandonne des canons et du mat&#xe9;riel.&lt;br /&gt;Les Am&#xe9;ricains &#xe9;jectent les boches dans la plaine de Wo&#xeb;vre.&lt;br /&gt;Prise de Liry, Ecury, Breheville, Damvilliers, Flaba.&lt;br /&gt;Le Kaiser refuse d’abdiquer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;9 novembre &lt;br /&gt;Grande nouvelle. Guillaume II abdique ; le Kronprinz renonce au tr&#xf4;ne.&lt;br /&gt;Les parlementaires envoient un courrier en Allemagne. Celui-ci atteint Spa avec mille difficult&#xe9;s. Glageon-Fourmies-Hirson-Anor et St Michel sont pris.&lt;br /&gt;Prise de Signy le Petit.&lt;br /&gt;Nous atteignons la voie ferr&#xe9;e de M&#xe9;zi&#xe8;res &#xe0; Hirson, pr&#xe8;s de Maubert-Fontaine.&lt;br /&gt;Nous longeons le cours de la Sormonne. Nous avons abord&#xe9; et entour&#xe9; M&#xe9;zi&#xe8;res et Mohon et franchi la Meuse &#xe0; hauteur de Lumes.&lt;br /&gt;La r&#xe9;volution &#xe9;clate en Allemagne.&lt;br /&gt;Constitution d’un gouvernement r&#xe9;publicain &#xe0; Munich.&lt;br /&gt;Comit&#xe9; de Salut Public &#xe0; Francfort.&lt;br /&gt;Le Duc de Brunswick abdique.&lt;br /&gt;A 9 h soir, nous apprenons par radio que le gouvernement allemand donne tous pouvoirs aux parlementaires pour signer l’armistice.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;11 novembre	Nous apprenons que c’est chose faite et que les hostilit&#xe9;s doivent cesser &#xe0; 11 h 55. Le roi de Wurtemberg prend la fuite.&lt;br /&gt;L’ex-kaiser se sauve en Hollande.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;10	&lt;br /&gt;Les arri&#xe8;res gardes ennemies ont r&#xe9;sist&#xe9; &#xe0; notre avance. Nous d&#xe9;passons la Sormonne, prenons Sormonne et atteignons la route d’Hirson &#xe0; M&#xe9;zi&#xe8;res au sud de Renwez.&lt;br /&gt;Malgr&#xe9; la r&#xe9;sistance des boches, nous prenons Maubert et atteignons &#xe0; 4 km de l&#xe0; les Ri&#xe8;zes de Maubert ainsi que les hauteurs au n.e. de S&#xe9;vigny la For&#xea;t.&lt;br /&gt;Le corps italien prend le Tremblois et Rimogne, p&#xe9;n&#xe8;tre dans le bois des Pot&#xe9;es et le bois d’Harcy poussant avec vigueur en direction de Bourg-Fid&#xe8;le.&lt;br /&gt;A l’ouest de la Meuse nous progressons au nord de la ligne Renwez-Montcornet et Arreux-Damouzy-Belair.&lt;br /&gt;Enfin, apr&#xe8;s 4 ans pass&#xe9;s, mes parents sont d&#xe9;livr&#xe9;s.&lt;br /&gt;Ce n’est pas sans &#xe9;motion que j’ai lu ce communiqu&#xe9; du 10 novembre. Quand aurai-je de leurs nouvelles ? Je souhaite le plus vite possible, car, pour le dernier jour de cette maudite guerre, la bataille a &#xe9;t&#xe9; violente l&#xe0;.&lt;br /&gt;N’&#xe9;tait-ce pas assez pour eux de 4 ann&#xe9;es de souffrances et de privations et fallait-il encore qu’ils se trouvent au milieu de l’affreuse m&#xea;l&#xe9;e.&lt;br /&gt;En Wo&#xeb;vre, les Am&#xe9;ricains atteignent les lisi&#xe8;res sud de Stenay, et les bois de Ba&#xe2;lons.&lt;br /&gt;Prise de Gibency ?, Abaucourt et Grimaucourt, Mancheville, St Hilaire et le bois de Danmartin.&lt;br /&gt;La r&#xe9;volution d&#xe9;cha&#xee;ne dans l’Allemagne enti&#xe8;re.&lt;br /&gt;La r&#xe9;publique est proclam&#xe9;e &#xe0; Darmstadt (Duch&#xe9; de Hesse).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le 11 novembre, 1561&#xe8;me jour de la guerre, marque la fin de ce terrible carnage qui n’a aucun pr&#xe9;c&#xe9;dent dans l’histoire.&lt;br /&gt;Les conditions de l’armistice impos&#xe9;es &#xe0; l’Allemagne sont formidables. Elles ne le sont pas trop pour un pays qui n’a jamais recul&#xe9; devant les moyens les plus barbares et les plus sauvages pour essayer d’&#xe9;craser la France.&lt;br /&gt;Pendant 4 ans pass&#xe9;s, nous avons souffert, mais nous avons tenu.&lt;br /&gt;L’heure de la vengeance a enfin sonn&#xe9;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 01 Jan 2009 13:42:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lexique</title><dc:creator>Jopo</dc:creator><link>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2008/12/31/12000808.html</link><category>Pr&#xe9;sentation g&#xe9;n&#xe9;rale des carnets</category><comments>http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2008/12/31/12000808.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://carnetdeguerre.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/12000808/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://carnetdeguerre.canalblog.com/archives/2008/12/31/12000808.html</guid><description>&lt;p&gt;LEXIQUE : &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Batterie et &#xe9;chelon, d’apr&#xe8;s le site Internet du CRID14/18 (Collectif de recherche international et de d&#xe9;bat sur la guerre 14-18)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Batterie : &lt;br /&gt;Ensemble coordonn&#xe9; de canons, faisant partie d’un r&#xe9;giment d’artillerie. Elle est command&#xe9;e par un capitaine second&#xe9; par deux lieutenants. Elle se d&#xe9;compose au front en deux &#xe9;l&#xe9;ments :&lt;br /&gt;la batterie de tir proprement dite, sous les ordres directs du capitaine et des lieutenants, avec les quatre canons et leurs servants et les t&#xe9;l&#xe9;phonistes command&#xe9;s par un brigadier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Echelon : &lt;br /&gt;install&#xe9;s plus loin en arri&#xe8;re, sous les ordres d’un adjudant, qui rassemblent les chevaux et tout le mat&#xe9;riel autre que les canons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au repos, batterie et &#xe9;chelon sont regroup&#xe9;s.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Marmite/marmitage :&lt;br /&gt;Dans l’argot des combattants, ces termes d&#xe9;signent les obus et les bombardements d’obus.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Termes li&#xe9;s &#xe0; l’aviation :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aviatik (allemand) : &lt;br /&gt;biplace de reconnaissance utilis&#xe9; au d&#xe9;but de la guerre pour observer les positions et les mouvements des forces ennemies. Il servit aussi de bombardier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Gotha : &lt;br /&gt;bombardier allemand en action d&#xe8;s 1916&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Taube : &lt;br /&gt;avion allemand employ&#xe9; d&#xe8;s 1912 &#xe0; des fins militaires. Sa forme &#xe9;voque celle d’un oiseau en vol (&#xab; taube &#xbb; en allemand signifie &#xab; pigeon &#xbb;)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Saucisse : &lt;br /&gt;nom donn&#xe9; au ballon d’observation fran&#xe7;ais, en raison de sa forme allong&#xe9;e.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Autre&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Perco : &lt;br /&gt;d’apr&#xe8;s un site Internet consacr&#xe9; &#xe0; l’argot de la Grande Guerre, il s’agirait &#xab; d’un tuyau qui sert &#xe0; faire chauffer le jus (abr&#xe9;viation de &#xab; percolateur &#xbb;) et &#xe0; donner les nouvelles des cuistots &#xbb;. Ce mot est employ&#xe9; &#xe0; deux reprises par Monsieur PETIT ; ce sens semble convenir, puisqu’il se rapporte &#xe0; chaque fois des bruits qui courent. On comprend bien l&#xe0; le r&#xf4;le de colporteur de nouvelles des cuistots. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 31 Dec 2008 13:44:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>